La notion de Lune montante et descendante n'est pas une notion astronomique, elle est utilisée
par certains jardiniers!
Suivant les publications on trouve deux définitions (parfois trois) de cette
notion.
La première définition est identique à la définition astronomique de la Lune
croissante et de la Lune décroissante: la Lune est croissante (montante) entre
la nouvelle Lune et la pleine Lune et la Lune est décroissante (descendante)
entre la pleine Lune et la nouvelle Lune.
La deuxième définition est liée à la déclinaison de la Lune, la Lune est dite
montante lorsque sa déclinaison croît et la Lune est dite descendante lorsque
sa déclinaison décroît. On remarquera qu'avec cette définition il est quasi
impossible d'observer le phénomène ce qui discrédite complètement l'hypothèse
de l'observation de la Lune pour choisir l'instant des plantations.
On remarquera que ces deux définitions sont parfois en phase et parfois en
contradiction, ainsi la Lune montante de la définition 2 correspond parfois à
la Lune descendante (décroissante) de la définition 1.
De plus avec la définition numéro deux, on peut facilement trouver des époques
où la Lune est montante en passant par le noeud descendant de son orbite!
D'autres enfin disent que la Lune est montante lorsque sa latitude croît et
qu'elle est descendante lorsque sa latitude décroît. De nouveau suite au
mouvement de la ligne des noeuds lunaires on peut trouver des périodes où
la latitude de la Lune passe par son noeud ascendant (dernière définition de
la Lune montante) alors que sa déclinaison décroît (Lune décroissante de la
deuxième définition) alors que sa phase peut être croissante ou décroissante.
La notion de Lune montante et descendante ne présente donc aucun intérêt, que
ce soit pour le jardinage ou la coupe des cheveux. C'est manifestement le reste de vieilles pratiques moyenâgeuses qui existaient encore au XVIe siècle, où
les médecins, et les barbiers soignaient avec la Lune et pratiquaient entre autres
les saignées en fonction de l'âge de la Lune! Par exemple on trouve dans l'almanach du docteur en médecine Jean de Lespine, publié au Mans en 1534 des
recommandations explicites sur les instants où il est conseillé de planter où
de fumer la Terre en fonction de la Lune croissante ou décroissante. Un proverbe commun de cette époque conseillait d'ailleurs de semer à la Lune
décroissante (Histoire du Calendrier, Francesco Maiello, 1996, Seuil).
Jean-Baptiste La Quintinie (1626 1688), jardinier de Louis XIV et directeur de tous les jardins fruitiers et potagers royaux, met en évidence l'absence
d'influence de la Lune sur la croissance des végétaux (Instructions pour les
jardins fruitiers et potagers, 1690). Il est également un des premiers à avoir
mis en évidence le rôle de la sève dans la croissance et la fructification des
arbres fruitiers, ainsi que le système racinaire des arbres, et les
précautions à prendre lors de leur transplantation.