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Une vaste coquille de glace d'eau sous la surface de l'astéroïde (90) Antiope ?
Publiée le 2010-06-30 |
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Différentes études récentes menées sur l'astéroïde (24) Themis ont abouti à la détection de glace d'eau sous forme d'un très mince revêtement d'à peine 1/20ème de micron d'épaisseur enrobant les fines poussières de surface d'un diamètre de 30 microns. Le flux solaire incident est suffisant pour sublimer complètement cette glace d'eau. Elle se produit à une température supérieure à -70dg, atteinte dès que la distance au Soleil est inférieure à 3 unités astronomiques. La présence de glace d'eau ne peut donc être due qu'à l'existence d'un réservoir interne, source d'émanations de vapeurs d'eau se transformant en glace une fois arrivées en surface (Rivkin and Emery, Nature,464, 2010, Campins et al, Nature, 464, 2010).
Ces résultats convergents sont maintenant complétés par des modèles d'évolution géophysiques du corps parent des astéroïdes de la famille de Themis. Cette famille d'objets compte 550 membres dont on pense qu'ils sont issus de la destruction d'un corps parent d'environ 450km de diamètre. Ce corps aurait été différencié avec un noyau solide en son centre inséré au sein d'une coquille de glace d'eau sale (Castillo-Rogez and Schmidt, 2010). L'astéroïde double (90) Antiope, membre de la famille Thémis, dont les composantes épousent parfaitement la forme qu'ils auraient s'ils étaient comme de gigantesques masses fluides tournantes de 90km de diamètre, pourraient en réalité abriter une quantité importante de glace d'eau sous un manteau solide en surface.
La figure représente le spectre infrarouge de réflectance de (24) Themis particulièrement bien reproduit (courbe en trait plein) par un mélange composé de grains de pyroxène enrobés de glace d'eau et de carbone amorphique (Rivkin & Emery, Nature, 464). L'absorption à une longueur d'onde de 3,1 microns trahit la présence de glace d'eau enrobant finement les grains du régolite de surface |