Dans notre lettre d’information, comme en astronomie en général, plusieurs systèmes de temps peuvent
être employés : UTC ou l’heure locale. UTC est le sigle pour le temps universel coordonné qui
correspond à l’heure au méridien
d’origine, historiquement le méridien de Greenwich. Ce système horaire correspond à la norme suivie
dans le monde. Le temps « local » est le temps qui correspond à chaque
fuseau horaire. Par exemple pour Paris c’est le Temps légal français (ou TLF dans cette lettre) qui
s’applique, soit : UTC + 2 h en été et UTC + 1 h en hiver.
L’heure légale française est donnée par le LTE, vous pouvez la retrouver ici !
Jusqu’en juillet, une nouvelle rubrique apparaît dans la lettre : Des éclipses en
lumière. En effet, cette année et les deux suivantes nous aurons la chance d’être depuis la
France métropolitaine, géographiquement proches de deux éclipses totales de Soleil et une annulaire.
Cette rubrique viendra vous apporter chaque mois différentes informations pour pouvoir profiter
pleinement de ces spectacles.
Des éclipses en lumière
Comment photographier une éclipse de Soleil ?
Éclipse totale de Soleil (Silverton, USA) 21 Août
2017.Crédits Josselin Desmars (LTE)
Sachant qu'un certain nombre d'astrophotographes lisent cette lettre nous tenions à rappeler
quelques principes de base pour photographier une éclipse totale de Soleil.
Avant de photographier tout évènement céleste il faut tenir compte de trois éléments :
Le lieu d'observation : l'horizon doit être dégagé dans la direction du phénomène à
observer. Si le phénomène est relativement bas sur l'horizon vérifiez que rien ne viendra le cacher.
La météo : tout nuage peut cacher le phénomène ! Pensez à vérifier la météo pour l'heure
de l'évènement, quitte à vous déplacer en un autre lieu avec une prévision météorologique plus favorable.
La durée du phénomène : la phase de totalité de l'éclipse est courte ! Il est conseillé
de vous entrainer pendant la phase partielle, pour être tout à fait à l'aise pendant
l'observation et l'enregistrement du phénomène.
Pour photographier une éclipse de Soleil, totale ou partielle, il faut également respecter
les points suivants :
Il faut absolument équiper son instrument avec un filtre solaire adapté pour réduire l'intensité
du rayonnement solaire d'un facteur 1/100000 ième.
Sans filtre, et même s'il est très éclipsé, la lumière du Soleil est tellement forte
qu'elle endommagerait irrémediablement l'instrument et l'appareil photo ou la caméra.
Pendant la phase de totalité de l'éclipse, vous pouvez enlever le filtre solaire et augmenter
le temps de pose. Par exemple, comptez entre 1/800s et 2s à 100 ISO et f/5.6 pour photographier la couronne
dans toute son étendue.
Pour finir, et c'est peut-être le plus important, si vous observez une éclipse de Soleil pour la première fois,
ne vous préoccupez pas de la photographie et profitez du spectacle avec vos lunettes éclipses !
Découvrez le nouvel article dédié aux éclipses sur le site de l'Observatoire de Paris
Position de la Lune par rapport à l'axe Soleil-Terre au cours du temps, en deux dimensions. Crédits Observatoire de Paris - PSL
Dans la rubrique " Diffusion des connaissances " sur le site de l'Observatoire de Paris vous
trouverez ici un article complet
sur " Les éclipses de Soleil ". D'ici peu un site dédié verra le jour, nous vous le présenterons
dans cette lettre !
En attendant, vous pourrez trouver dans cette article toutes les réponses aux questions
suivantes :
Qu’est-ce qu’une éclipse de Soleil ?
Comment observer une éclipse de Soleil en toute sécurité ?
Pourquoi la Lune peut-elle masquer complètement le Soleil ?
Quels sont les différents types d’éclipses solaires ?
Quand auront lieu les prochaines éclipses solaires ?
Que se passe-t-il sur Terre lors d’une éclipse de Soleil ?
Quelles sont les conditions pour que se produise une éclipse de Soleil ?
Combien y a-t-il d’éclipses solaires possibles par an ?
Combien de temps dure une éclipse de Soleil ?
Les mêmes types d’éclipses reviennent-elles souvent ?
Comment prédit-on une éclipse de Soleil ?
Les éclipses totales de Soleil vont-elles un jour disparaître ?
Retrouvez tous les articles de la rubrique " Des éclipses en lumière "
QR code pour accéder à l'application ÉclipSEOP.
Crédits SE-OP
Depuis la lettre de mars et jusqu'à la lettre de juillet,
nous publions ici les articles qui vous accompagneront pour votre observation de l'éclipse
du 12 août 2026.
Voici ci-dessous les articles des mois précédents !
Rapprochement de la Lune avec Mercure, Jupiter et Vénus les 16 et 17 juin 2026
En juin 2026, un beau spectacle attend les curieux du ciel les 16 et 17 juin 2026.
La mécanique céleste va en effet permettre de localiser dans une zone de ciel assez restreinte pas moins de trois planètes qui verront la Lune les frôler en l’espace de 24 heures.
Les acteurs en présence seront les deux planètes intérieures Mercure et Vénus, qui encadreront la plus grosse planète de notre Système solaire, à savoir Jupiter. Les planètes seront quasiment alignées dans l’ordre suivant : Mercure très proche de l’horizon nord-ouest,
suivie par Jupiter et Vénus qui fermera la marche. L’écart entre les deux planètes intérieures sera d’environ 13 degrés, Jupiter s’interposant, à environ 5° de Mercure et 8° de Vénus.
Le mois dernier avait déjà permis d’observer un joli rapprochement entre Vénus, La Lune et Jupiter. Ce mois ci, Mercure s’ajoute au spectacle, ce qui ne se refuse pas car, du fait de sa proximité avec le Soleil, cette planète est rarement visible. Notons que la meilleure période de visibilité de Mercure aura lieu quelques jours avant puisque son élongation maximum (plus grand écart avec le Soleil dans le ciel) aura lieu entre les 6 et le 15 juin.
L’évènement démarrera le mardi 16 uin 2026, peu après le coucher du Soleil, qui aura lieu, à Paris, vers 21h48 TLF. Vers 22h30, Mercure ne sera plus qu’à environ 8° au dessus de l’horizon. A moins de se trouver en un lieu avec un ciel d’une grande pureté, l’emploi d’une paire de jumelles, semble impératif pour espérer la localiser. Avec une magnitude de +0,6, elle apparaîtra sous la forme d’une jolie étoile perdue dans les lueurs du couchant.
Configuration du rapprochement Mercure – Lune – Jupiter - Vénus le mardi 16 juin 2026 vers 22h30 TLF.Crédits Stellarium
Une fois Mercure repérée, on cherchera moins de 2° au nord, le très fin croissant lunaire. La nouvelle Lune ayant eu lieu la veille le 15 juin, c’est une très jeune Lune d’un peu plus de 24 h qu’il va falloir rechercher, autant dire que le challenge n’est pas évident.
Beaucoup plus facile sera l’observation de Jupiter qui brillera à la magnitude - 1,8. Enfin, Vénus surpassera largement ses voisines avec une magnitude de - 4.
Le lendemain, mercredi 17 juin 2026, on reprend les mêmes acteurs planétaires, situés au même endroit à la même heure. La grande différence résidera dans la position de la Lune qui se sera déplacée et aura rejoint Vénus qu’elle frôlera puisque
l’écart minimum entre les deux astres sera de 20’.
Configuration du rapprochement Mercure – Jupiter – Vénus – Lune le mercredi 17 juin 2026 vers 22h30 TLF
On notera Castor et Pollux en haut à droite ainsi que l’amas ouvert M 44 en haut à gauche.Crédits Stellarium
A nouveau, une paire de jumelles permettra de capturer plus facilement chacun des astres, et tout particulièrement Mercure.
On notera sur la figure ci-dessus que les deux étoiles les plus brillantes de la constellation des Gémeaux, Castor et Pollux seront visibles au nord ouest (en haut à droite) de Mercure et Jupiter.
D’autre part, la conjonction entre la Lune et Vénus aura lieu non loin du célèbre amas ouvert de la Crèche, M 44 dans le Cancer, plus difficile à capturer dans un ciel encore brillant.
Ce phénomène étalé sur deux soirées permettra une intéressante mise en évidence de la rotation de la Lune autour de la Terre.
Dans d’autres circonstances, repérée deux soirs de suite sur un fond de ciel étoilé peu peuplé, il n’est pas évident d’estimer le chemin parcouru par la Lune en 24 h dans le ciel.
Il en sera tout autrement ces 16 et 17 juin puisque comme la Lune sera en conjonction avec Mercure le 16 juin puis en conjonction avec Vénus le lendemain 17 juin.
Cet heureux hasard nous permettra d’appréhender que, en tournant autour de la Terre en 24h, la Lune se sera déplacée de l’espace séparant ces deux planètes.
Autre mérite de ce rapprochement : permettre de matérialiser le plan de l’écliptique à l’œil nu.
En théorie, l'écliptique est le plan de l’orbite de la Terre autour du Soleil. Mais l’ensemble de toutes les orbites des autres planètes sont peu inclinées par rapport à celle de la Terre.
En d’autres termes, toutes les planètes tournent dans un disque qui est le plan de l’ensemble du Système solaire. Projetée sur la voûte céleste, l’écliptique trace donc la zone de ciel dans laquelle les planètes vont se déplacer, et ne jamais s’en écarter.
Voilà pourquoi on ne verra jamais Vénus ou Jupiter dans la Grande Ourse, ni aucune autre planète, car l’écliptique ne passe pas dans la Grande Ourse.
Ces 16 ou 17 juin, en observant ce magnifique rapprochement de planètes avec la Lune, on remarquera que les planètes forment une droite dans le ciel. Leurs positions matérialisent donc bien ce plan.
Le solstice d’été du 21 juin 2026
Les dates des solstices et des équinoxes pour 2026. Crédits LTE
Le 21 juin, nous fêterons le solstice d’été !
Par définition, les dates des équinoxes et des solstices, et donc les débuts des saisons
astronomiques, sont les instants pour lesquels la longitude écliptique géocentrique
apparente du Soleil
(incluant les effets de l’aberration et du mouvement du pôle) est un multiple entier de 90°.
Autrement dit, le solstice d’été est l’instant auquel la longitude géocentrique apparente du
centre du Soleil est égale à 90°.
À cet instant, l’ascension droite géocentrique apparente du centre du Soleil est égale à
6 h.
À quelques minutes près, c’est aussi l’instant auquel sa déclinaison géocentrique apparente
est maximale, comme on peut le voir sur le schéma ci-dessus.
Ce jour, dans l’hémisphère nord, en dehors de la zone intertropicale, le Soleil culmine dans
le ciel à sa hauteur maximale lors de son passage au méridien alors que dans l’hémisphère
sud,
en dehors de la zone intertropicale, il culmine à sa hauteur minimale lors de son passage au
méridien.
Dans la zone intertropicale, les jours de culminations extrêmes du Soleil (Soleil au zénith)
ne correspondent pas aux solstices,
car le Soleil passe au zénith les jours auxquels la déclinaison du Soleil est égale à la
latitude du lieu.
Ainsi sur l’équateur, le Soleil passe au zénith les jours auxquels la latitude du point
subsolaire est nulle, c’est-à-dire les jours d’équinoxe.
Le terme solstice vient du latin solstitium (de sol « Soleil » et sistere « s’arrêter,
retenir »), car l’azimut du Soleil à son lever
et à son coucher semble rester stationnaire pendant quelques jours à ces périodes de
l’année, avant de se rapprocher à nouveau de l’est au lever et de l’ouest au coucher.
En effet, n’étant pas ponctuel, le Soleil recouvre le zénith à son passage au méridien
durant plusieurs jours (du 13 juin au 29 juin environ pour un lieu de latitude 23° 26′).
Notre calendrier
Notre calendrier (le calendrier grégorien) est construit de manière à rester proche d’une
date fixe pour le début des saisons.
La date du solstice d’été en 2026 est le dimanche 21 juin à 8 h 24 min 30 s UTC et à 10 h
24 min 30 s en Temps légal français (UTC + 2 h).
Dans le calendrier grégorien créé en 1582, le solstice d’été peut survenir le 19, 20, 21 ou
22 juin. Il est survenu un 20 juin en 1896 et est tombé de nouveau à cette date en 2008.
Il est survenu un 22 juin en 1975 et tombera de nouveau à cette date en 2203, 2207, 2211 et
2215 puis en 2302. Le solstice d’été tombera un 19 juin en 2488 et ce sera la première fois
depuis la création du calendrier grégorien.
En UTC, au xxe siècle, les solstices d’été sont tombés exclusivement le 21 juin (64
occurrences) et le 22 juin (36 occurrences), alors qu’au xxie siècle,
le solstice d’été tombera exclusivement le 20 juin (47 occurrences) et le 21 juin (53
occurrences).
Apophis 2029 : quand un astéroïde vient nous rendre visite
Représentation artistique de la mission « Rapid Apophis
Mission for Space Safety » (Ramses) de l'ESA.Crédits ESA-Science Office
Le vendredi 13 avril 2029, depuis toute l'Europe, l'Afrique et l'ouest de l'Asie, des millions
de personnes pourront lever les yeux et distinguer, à l'œil nu, un point lumineux se déplaçant
lentement mais distinctement parmi les étoiles. Ce point, c'est Apophis — 340 mètres de roche et
de silicates, soit à peu près la hauteur de la Tour Eiffel, filant à plus de 30 kilomètres par
seconde à une distance inférieure à celle des satellites géostationnaires qui relaient nos
communications. Un événement sans précédent dans l'histoire de l'astronomie moderne.
Cet astéroïde, découvert en 2004, a d'abord fait trembler la communauté scientifique
mondiale avant que les calculs successifs ne dissipent toute inquiétude. Aujourd'hui, son
passage prochain est avant tout une fête pour la science : une occasion unique d'observer,
mesurer, et comprendre un géocroiseur de taille intermédiaire dans des conditions que les
chercheurs n'auraient jamais pu s'offrir autrement.
Nous avons rencontré Josselin Desmars, chercheur au Laboratoire Temps Espace (LTE), qui nous
guide à travers les coulisses d'une aventure scientifique hors du commun.
L'histoire d'une peur surmontée
À sa découverte, en juin 2004, Apophis n'est qu'un point parmi des milliers dans les
catalogues des astronomes. Mais très vite, les premières analyses orbitales font apparaître
quelque chose d'inhabituel : une probabilité d'impact avec la Terre en 2029 qui grimpe
jusqu'à 2,7 % — du jamais vu pour un objet de cette taille. L'astéroïde est classé 4 sur
l'échelle de Turin, qui mesure le danger des géocroiseurs de 0 à 10. C'est la première fois
dans l'histoire qu'un objet atteint ce niveau d'alerte.
Pour comprendre pourquoi la probabilité a d'abord grimpé avant de retomber à zéro, il faut
saisir un mécanisme fondamental. " À la découverte d'un objet, la marge d'erreur sur sa
trajectoire est très importante. La Terre se trouve naturellement dans cette zone
d'incertitude, ce qui fait mécaniquement monter la probabilité d'impact calculée. Mais à
mesure que les observations s'accumulent, cette enveloppe se rétrécit, jusqu'au moment où la
Terre en sort complètement — et la probabilité tombe à zéro. C'est exactement ce qui s'est
produit pour Apophis. "
En pratique, des observations antérieures remontant à mars 2004 ont été retrouvées en fin
d'année 2004. En recalculant l'orbite avec ces données supplémentaires, les astronomes ont pu
exclure tout risque pour 2029. Un schéma qui s'est répété très récemment : " Avec
l'astéroïde 2024 YR4, le même mécanisme s'est joué : la probabilité a d'abord augmenté avec
les premières observations, avant de s'effondrer à mesure que la trajectoire était affinée. "
La surveillance ne s'arrête pas pour autant lorsqu'un risque immédiat est écarté. " Un objet
dont la probabilité d'impact est nulle pour une date donnée reste suivi, car le risque peut
exister pour une échéance ultérieure. Pour Apophis, après l'exclusion du scénario 2029, un
risque résiduel subsistait pour 2036 — lié précisément aux effets de ce passage proche sur
son orbite. Il a fallu attendre les observations de 2011 pour l'écarter définitivement.
Aujourd'hui, aucun impact n'aura lieu dans le siècle à venir. "
31 600 km : déchiffrer un ordre de grandeur
31 600 kilomètres. Le chiffre circule dans tous les articles consacrés à Apophis, souvent
accompagné de comparaisons alarmistes. " Plus près que nos satellites ", " dix fois plus proche
que la Lune ", " à portée de main cosmique "… Ces formulations ne sont pas fausses, mais elles
induisent une intuition erronée : celle d'un danger imminent.
Simulation du passage d'Apophis en 2029 avec les
données de Skybot 3DCrédits Jérôme Berthier et
Jonathan Normand, LTE
Josselin Desmars démonte cette impression avec précision :
« Nous savons depuis 20 ans que tout risque de collision est exclu. Nous connaissons sa
trajectoire au km près. Apophis passera au plus proche à 38 011 km du centre de la Terre
(soit 31 640 km de la surface).
De même, il n’y a aucun risque d’impact avec les satellites géostationnaires qui orbitent
dans le plan de l’équateur, Apophis se trouvera en dehors de ce plan. »
La science à l'œuvre : ce que la nature va expérimenter
Le passage d'Apophis représente une opportunité scientifique sans équivalent. Pour la
première fois depuis des décennies, un astéroïde de cette taille passera suffisamment près
de la Terre pour que son orbite en soit mesurablement modifiée.
Les missions RAMSES (ESA), à laquelle le LTE participera et OSIRIS (NASA) s’approcheront de
l’astéroïde pour compléter l’observation. Le rôle du LTE dans cette préparation est de
calculer l’orbite d’Apophis. Le Jet Propulsion Laboratory et l’ESA font aussi ces calculs.
Chacun emploie des méthodes et calculs indépendants, utilisant différents outils afin de
croiser les calculs et de s'assurer de leur cohérence. L’ensemble des données est récolté
par le Minor Planet Center, pour centraliser toutes les mesures de positions des astéroïdes,
des comètes et des satellites naturels obtenues dans le monde.
Josselin Desmars rappelle que la méthode au cœur de ce travail est l'astrométrie : " Nous
observons l'astéroïde au sein d'un champ d'étoiles, et en comparant sa position à celle des
étoiles environnantes, nous déterminons ses coordonnées célestes. Plus les observations sont
nombreuses et s'étalent sur une longue période, plus l'orbite calculée est précise. "
Parmi les éléments étudiés il y a aura la modification de l’orbite d’Apophis après ce
passage en 2029 sous l’effet de la gravitation terrestre. Son demi-grand axe, par exemple, passera de
0,92 à 1,1 unité astronomique, faisant passer Apophis de la classe des Atens — astéroïdes
dont l'orbite est majoritairement à l'intérieur de celle de la Terre — à celle des Apollos,
dont l'orbite la croise davantage. Cette modification est entièrement anticipée et calculée
à un niveau de précision orbitale tel qu'on est sûr qu'aucun impact n'aura lieu dans le siècle à venir. Cependant les données récoltées enrichiront nos connaissances.
Défense planétaire : où en est-on ?
Le passage d’un astéroïde à cette distance soulève, à juste titre, la question de la défense
planétaire qui a longtemps relevé de la science-fiction.
Nous vous en parlions en 2022,
la mission
DART de la NASA a changé la donne en septembre 2022 en démontrant, pour la première
fois, qu'il était possible de modifier la trajectoire d'un astéroïde par impact cinétique.
Pour rappel, la mission DART visait Dimorphos, le satellite naturel de l'astéroïde Didymos —
un objet de quatre-vingt mètres, bien plus petit qu'Apophis qui en mesure 340. L’objectif
était de mesurer l'effet de l'impact depuis la Terre, en observant la variation de la
période orbitale de ce satellite autour de son astéroïde principal. Mesurer une légère
déviation sur une orbite héliocentrique aurait été bien plus difficile.
Le résultat est positif, mais assorti d'une condition essentielle : le temps. La déviation
obtenue est réelle, mais faible. Pour qu'elle soit suffisante, il faut intervenir plusieurs
années avant un impact potentiel. Une action entreprise seulement quelques mois avant
l'échéance ne laisserait pas le temps à la trajectoire de s'écarter suffisamment. De même,
plus l’objet est gros, plus il faudrait prendre de l’avance.
Des pistes alternatives existent néanmoins. La méthode la plus efficace serait probablement
une propulsion continue — une poussée faible mais constante exercée sur l'astéroïde sur une
longue durée. Des études ont même exploré l'idée de modifier la réflectivité de la surface
de l'objet en la peignant, ce qui altèrerait légèrement la pression de radiation solaire
exercée sur lui et modifierait peu à peu sa trajectoire. Ces approches restent pour
l'instant théoriques.
Que verrons-nous ?
Nous reviendrons régulièrement dans cette lettre sur ce passage d’Apophis le 13 avril 2029
pour vous accompagner dans son observation. Dans le ciel nous verrons à l’œil nu un point
lumineux (magnitude 3 – soit comparable aux étoiles de la Petite Ourse) ce qui reste faible,
mais constitue une performance exceptionnelle pour un astéroïde. Cette nuit-là, son
déplacement apparent dans le ciel sera en revanche saisissant : depuis la France, il
traversera le ciel d'est en ouest entre 21 h et 1 h du matin. L'Europe est idéalement placée
pour l'observer. Il ne reste qu'à espérer un ciel dégagé.
Ce passage unique est un cadeau que la nature offre aux chercheurs : une expérience grandeur
réelle sur la physique des astéroïdes, une validation des modèles orbitaux, une occasion de
tester les technologies de la défense planétaire dans des conditions réelles, et peut-être
la chance de percer quelques secrets sur la structure interne de ces corps célestes qui
peuplent notre système solaire depuis sa formation !
Plaques astronomiques : le retour à la
lumièreCrédits France culture
L’émission Sciences Chrono a consacré un épisode aux plaques astro-photographiques
et à leur retour à la lumière grâce à la numérisation — un sujet au cœur du travail
que nous menons au
Laboratoire Temps & Espace avec le programme NAROO (New Astrometric Reduction of Old
Observations).
Une belle occasion de faire connaître ce travail de l’ombre, essentiel pour
l’astronomie de demain.
N'hésitez pas à relire nos articles qui présentent Naroo !
Repère géocentrique, les quadratures et les conjonctions sont en
ascension
droite.
Les phénomènes sont donnés en temps légal français.
1er juin
6 h 32 min 37 s Lune à
l'apogée, distance à la Terre : 406 366 km, diamètre apparent de
la Lune : 29,40′.
18 h 47 min 50 s
Déclinaison minimale de la Lune : − 28° 00′.
8 juin
12 h 00 min 31 s Dernier
quartier de lune.
9 juin
17 h 32 min 38 s
Élongation minimale entre la Lune et Neptune, élongation :
3° 57,92′, élongation de la Lune au Soleil :
75° O.
21 h 48 min 14 s
Élongation minimale entre Jupiter et Vénus, élongation :
1° 36,49′, élongation de Vénus au Soleil : 37° E.
10 juin
8 h 49 min 53 s Élongation
minimale entre la Lune et Saturne, élongation : 5° 32,31′,
élongation de la Lune au Soleil : 66° O.
12 juin
20 h 25 min 32 s
Élongation minimale entre la Lune et Mars, élongation :
5° 23,18′, élongation de la Lune au Soleil :
33° O.
13 juin
19 h 31 min 03 s
Élongation minimale entre la Lune et Uranus, élongation :
5° 11,52′, élongation de la Lune au Soleil :
20° O.
15 juin
1 h 19 min 41 s Lune au
périgée, distance à la Terre : 357 197 km, diamètre apparent de
la Lune : 33,44′.
4 h 54 min 10 s Nouvelle
lune.
7 h 17 min 28 s
Déclinaison maximale de la Lune : + 27° 59′.
21 h 59 min 51 s Mercure
en plus grande élongation : 24° 31′ E.
16 juin
22 h 26 min 31 s
Élongation minimale entre la Lune et Mercure, élongation :
2° 32,33′, élongation de la Lune au Soleil :
24° E.
17 juin
9 h 58 min 26 s Élongation
minimale entre la Lune et Jupiter, élongation : 2° 27,13′,
élongation de la Lune au Soleil : 31° E.
22 h 30 min 34 s
Élongation minimale entre la Lune et Vénus, élongation :
0° 16,18′, élongation de la Lune au Soleil :
39° E.
21 juin
10 h 24 min 30 s Solstice
d'été
23 h 55 min 25 s Premier
quartier de lune.
25 juin
14 h 11 min 15 s
Élongation minimale entre Jupiter et Mercure, élongation :
3° 44,11′, élongation de Mercure au Soleil :
22° E.
28 juin
9 h 10 min 45 s Lune à
l'apogée, distance à la Terre : 406 265 km, diamètre apparent de
la Lune : 29,40′.
23 h 58 min 14 s
Déclinaison minimale de la Lune : − 27° 59′.
29 juin
3 h 58 min 34 s Mercure
est stationnaire dans la constellation des Gémeaux.
30 juin
1 h 56 min 42 s Pleine
lune.
Visibilité de la Lune et des planètes
Planètes visibles entre les latitudes 60° Nord et 60° Sud et les
constellations voisines.
L’aspect apparent des planètes est calculé pour le 16 Juin 2026 à
22 h 00 UTC.
Neptune le 16 juin
2026.Crédits LTETrajectoire de Neptune au cours
du mois de juin
2026.Crédits LTE
Cartes du ciel
Cartes du ciel des étoiles brillantes et des planètes visibles dans le ciel de
l’hémisphère nord et
de l’hémisphère sud,
vers l’horizon nord et l’horizon sud, pour le 15 Juin 2026.
Hémisphère nord, en direction du nord – 23 h temps légal français
(UTC
+ 2 h)
Carte du ciel de l’hémisphère nord,
en direction
du nord.Crédits LTE
Hémisphère nord, en direction du sud – 23 h temps légal français
(UTC
+ 2 h)
Carte du ciel de l’hémisphère nord,
en direction
du sud.Crédits LTE
Hémisphère sud, en direction du nord – 23 h temps local à
La Réunion (UTC
+ 4 h)
Carte du ciel de l’hémisphère sud, en
direction
du nord.Crédits LTE
Hémisphère sud, en direction du sud – 23 h temps local à
La Réunion (UTC
+ 4 h)
Carte du ciel de l’hémisphère sud, en
direction
du sud.Crédits LTE
Vue dans le plan de l’écliptique
Dans sa course apparente sur l’écliptique, le Soleil est accompagné
de plusieurs
planètes proches. Celles qui sont à l’est peuvent être observées au coucher du
Soleil et en
début de nuit selon leur élongation et leur
magnitude, celles qui sont à l’ouest le seront en fin de nuit et au lever du
Soleil sous les
mêmes conditions. La figure suivante montre la configuration au 15 Juin
2026.
Position de la Lune et des planètes
dans le plan
de l’écliptique au 15 Juin 2026.Crédits
LTEDéplacement de la Lune et des
planètes dans le
plan de l’écliptique en Juin 2026.Crédits LTE
Positions héliocentriques des planètes
Les figures suivantes montrent la configuration dans le plan de
l’écliptique au
15 Juin 2026. Sur chaque orbite des planètes intérieures,
l’intersection du segment et
de l’orbite marque la position de la planète au
premier jour du mois, et l’extrémité de la flèche marque celle au dernier jour
du mois.
Positions héliocentriques des
planètes
intérieures dans le plan de l’écliptique au 15 Juin
2026.Crédits LTEPositions héliocentriques des
planètes
extérieures dans le plan de l’écliptique au 15 Juin
2026.Crédits LTE