Décembre 2020 – n° 174

Ce mois-ci

La conjonction des planètes Jupiter et Saturne du 21 décembre 2020

Trajectoire des deux astres durant le mois de décembre 2020
Trajectoire des deux astres durant le mois de décembre 2020. Crédits C2A

On distingue trois types de configurations intéressantes en ce qui concerne les conjonctions : la conjonction géocentrique en longitude, la conjonction géocentrique en ascension droite et l’élongation minimale.

  • Dans le repère céleste écliptique géocentrique : la conjonction géocentrique en longitude de deux astres est l’instant auquel les deux astres, vus depuis le centre de la Terre, ont la même longitude céleste. Dans ce cas, on calcule la différence de latitude céleste pour connaître la distance angulaire entre les astres.
  • Dans le repère céleste équatorial géocentrique : la conjonction géocentrique en ascension droite de deux astres est l’instant auquel les deux astres, vus depuis le centre de la Terre, ont la même ascension droite. Dans ce cas, on calcule la différence de déclinaison pour connaître la distance angulaire entre les astres.
  • L’élongation minimale entre deux astres est l’instant auquel la distance angulaire entre deux astres est minimale. Dans ce cas, on fournit la valeur de cette distance minimale.

Ces trois configurations se produisent toujours au voisinage les unes des autres. Les conjonctions en ascension droite et en longitude peuvent être assez éloignées les unes des autres, lorsque l’élongation minimale est forte, alors que l’instant de la conjonction en longitude est très proche de l’instant du minimum d’élongation. En revanche, on peut avoir un minimum d’élongation sans aucune conjonction au voisinage.

Fréquence des phénomènes

Les conjonctions entre Jupiter et Saturne sont des phénomènes rares : ils se reproduisent après un intervalle de temps qui se situe entre 18,8 ans et 20,6 ans. Cet intervalle correspond plus ou moins à la période synodique Jupiter-Saturne, temps au bout duquel les deux planètes ont des longitudes héliocentriques proches.

Il existe des cas encore plus rares où l’on observe une triple conjonction de ces deux astres sur une période inférieure à une année. On n’en dénombre que dix depuis le début de l’ère commune. La dernière a eu lieu en 1980-1981 et la prochaine n’aura lieu qu’en 2238-2239. Ces triples conjonctions se produisent uniquement lorsqu’elles sont au voisinage des boucles de rétrogradation des planètes, quand les oppositions des planètes avec la Terre ont lieu au cours des boucles de rétrogradation.

La conjonction du 21 décembre 2020

Vous trouverez ci-dessous la description des trois phénomènes.

21/12/2020 à 13 h 31 min 56 s UTC
Conjonction géocentrique en ascension droite entre Jupiter et Saturne, différence de déclinaison : − 6′ 15,21″, élongation solaire de Jupiter : 30° E.

21/12/2020 à 18 h 20 min 29 s UTC
Conjonction géocentrique en longitude entre Jupiter et Saturne, différence de latitude : − 6′ 6,40″, élongation solaire de Saturne : 30° E.

21/12/2020 à 18 h 22 min 30 s UTC
Élongation minimale entre Jupiter et Saturne, élongation : 6′ 6,40″.

On donne après chaque phénomène l’élongation au Soleil de la planète qui en est la plus proche. On remarque à la précision angulaire affichée qu’il n’y a pas de différence entre l’élongation minimale et la différence de latitude.

Les trois phénomènes sont très rapprochés dans le temps et l’élongation minimale entre les deux astres est très faible : 6′ 6,40″. Depuis le début de l’ère commune, seulement deux élongations minimales ont été inférieures à cette valeur : celle du 5 mars 1226 (2′ 8,5″) et celle du 16 juillet 1623 (5′ 10,1″). De plus, jusqu’en 2500, deux élongations minimales seront inférieures à cette valeur : celle du 15 mars 2080 (6′ 0,9″) et celle du 24 août 2417 (5′ 24,6″).

Une élongation minimale de 4° 41′ 49,3″ entre les deux astres, sans conjonction, a eu lieu le 18 mai 2020 à 4 h 40 min 03 s UTC. Saturne était alors rétrograde et Jupiter venait d’entrer en rétrogradation (le 14 mai). Jupiter s’approchait donc de Saturne, puis s’en est éloignée après sa rétrogradation.

Les conjonctions précédentes ont eu lieu le 28 mai 2000 pour le minimum d’élongation (1° 8′ 51,0″) et la conjonction en longitude, puis le 31 pour la conjonction en ascension droite.

Les conjonctions suivantes auront lieu le 31 octobre 2040 pour le minimum d’élongation (1° 7′ 52,1″) et la conjonction en longitude, puis le 5 novembre 2040 pour la conjonction en ascension droite.

Visibilité

Zone de visibilité sur Terre à l’instant du minimum d’élongation
Zone de visibilité sur Terre à l’instant du minimum d’élongation. Crédits P. Rocher

À l’instant du minimum d’élongation, il suffit que les deux planètes soient levées et qu’il fasse nuit à 18 h 22 min 30 s UTC. Les déclinaisons des deux astres étant de l’ordre de − 22,5°, les deux astres sont toujours levés aux très basses latitudes et sont toujours couchés aux très hautes latitudes. Sur la carte ci-dessus, on a tracé la zone de visibilité du phénomène. À l’échelle du tracé, les courbes des levers et des couchers des deux astres sont confondues. Ces courbes et la courbe des levers-couchers du Soleil ont été calculées pour une valeur de la réfraction atmosphérique horizontale égale à 36,6′. Compte tenu de la valeur de la déclinaison des deux astres, ils seront plus hauts à l’horizon ouest dans l’hémisphère sud.

Bien évidemment, les deux astres sont visibles avant et après ce minimum, il suffit de déplacer le fond de carte vers l’ouest (période avant) ou vers l’est (période après) pour avoir une idée des zones de visibilité.

Observer le phénomène

Pour ce mois de décembre, le phénomène du mois que nous vous proposons sera orchestré par la belle mécanique céleste du Système solaire. Ce grand et imperturbable ballet offre parfois de beaux rapprochements célestes pour un observateur terrestre. Ce sera le cas lundi 21 décembre 2020 en tout début de nuit, puisque les deux planètes géantes Jupiter et Saturne seront en conjonction très rapprochée. Toute la période autour du 21 décembre sera propice à l’observation du rapprochement, même si les planètes se coucheront de plus en plus tôt au fil du temps, et que les hauteurs sur l’horizon seront très basses (moins de 10°). Le mouvement de révolution de la Terre autour du Soleil fait que l’on se rapproche de l’arrivée du Soleil dans la ligne de visée entre la Terre et Jupiter/Saturne : les planètes ne seront visibles qu’en début de soirée.

Notons que, comme cette date du lundi 21 décembre sera aussi celle du solstice d’hiver, nous serons dans les jours les plus courts de l’année dans l’hémisphère nord. Cette année, ce rapprochement s’annonce comme tout à fait exceptionnel en raison du faible écartement qui subsistera entre les planètes : 6 minutes de degré, soit environ un cinquième du diamètre lunaire. En d’autres termes, à l’œil nu, les planètes vont se frôler. Toutes les conjonctions ne donnent pas lieu à des rapprochements aussi serrés : ce sont les perturbations planétaires périodiques, ainsi que la position de la Terre aux moments opportuns, qui donnent lieu, ou non, à de telles configurations géométriques exceptionnelles.

De telles conjonctions rares, voire rarissimes, font d’ailleurs partie des phénomènes astronomiques qui ont donné naissance à l’étoile des Rois mages, des conjonctions Jupiter-Saturne très serrées ayant eu lieu dans les temps qui ont précédé les débuts de notre ère.

Qui verra-t-on ?

Rien de moins que les deux plus grosses planètes de notre système solaire. Par ordre de distance au Soleil, Jupiter est la cinquième planète, après Mercure, Vénus, la Terre et Mars. Saturne vient ensuite, en sixième position. Il s’agit de deux planètes gazeuses, constituées essentiellement d’hydrogène et d’hélium. On pense cependant que ces deux objets possèdent un noyau rocheux d’une taille assez comparable à celle de la Terre. La composition chimique de ces deux planètes étant assez proche de celle du Soleil, les astronomes en ont conclu que Jupiter et Saturne sont des embryons d’étoiles qui n’ont pas pu s’allumer faute d’une masse suffisante. Pour Jupiter, des calculs ont montré que si elle était 13 fois plus massive qu’elle ne l’est aujourd’hui, elle deviendrait une naine brune, c’est-à-dire une petite étoile brillant très doucement, en raison d’une faible activité nucléaire en son centre. Le diamètre de Jupiter est de 140 000 km, soit onze fois plus grand que celui de la Terre, mais aussi dix fois plus petit que celui du Soleil. Elle orbite à environ 780 millions de kilomètres du Soleil, soit un peu plus de cinq fois la distance Terre–Soleil. Notons qu’à elle seule, Jupiter est un petit système planétaire en réduction, puisqu’elle possède à ce jour 79 satellites connus, dont les quatre plus gros, Io, Europe, Ganymède et Callisto, sont déjà visibles avec une paire de jumelles. Le diamètre de Saturne pour sa part est dix fois plus grand que celui de la Terre ; elle est située, en moyenne, à 1,4 milliard de kilomètres du Soleil, ce qui signifie qu’elle est deux fois plus éloignée du Soleil que ne l’est Jupiter. Saturne possède quant à elle 82 satellites détectés, dont le plus gros et le plus connu, Titan, a une taille supérieure à celle de la planète Mercure.

Que verra-t-on ?

Le rapprochement des deux astres aura lieu à la jonction des constellations du Sagittaire et du Capricorne, donc malheureusement assez bas sur l’horizon. Il faudra rechercher le couple dès 17 h 30 (en Temps légal français) dans les lueurs du couchant, vers le sud-ouest. Les planètes se couchant vers 19 h 00, la meilleure visibilité devrait se situer vers 18 h 00.

La scène sera magnifique, car peu commune à l’œil nu. La dernière conjonction entre les deux planètes géantes a eu lieu en mai 2000. Mais, à cette date, l’écartement dans le ciel entre les planètes était d’un peu plus de 1°, soit deux fois le diamètre lunaire. En d’autres termes, lors de ce rapprochement du 21 décembre 2020, Jupiter et Saturne seront dix fois plus rapprochées qu’en 2000. Autant dire que vues depuis la Terre, elles vont se frôler, presque se toucher… Ce qui n’est bien sûr qu’un effet visuel, puisque Saturne est située loin derrière Jupiter.

Si la scène sera déjà superbe à l’œil nu, tout instrument d’astronomie sera le bienvenu. Une simple paire de jumelles sera déjà très efficace et offrira la belle image de deux minuscules billes jaunes très brillantes et très rapprochées. Avec des 10 × 50, on pourra déjà remarquer quatre sortes de petites étoiles tout contre Jupiter : il s’agit de ses quatre plus grosses lunes, une à droite (Europe) et trois à gauche (en partant de Jupiter, Io, Ganymède et Callisto). Avec un si faible grossissement (10 fois), les anneaux de Saturne ne seront pas visibles.

Avec une petite lunette, de 80 mm ou mieux encore de 100 mm de diamètre, et une amplification de 50 fois, on pourra commencer à distinguer les deux bandes gazeuses parallèles sur l’équateur de Jupiter, ainsi que les anneaux de Saturne. Mais ces détails seront plus accessibles avec un grossissement de 80 ou 100 fois. Notons cependant qu’il est peu probable que les images soient belles, nettes et piquées. Elles risquent malheureusement d’être, au contraire, floues et empâtées, la faute à la tombée de la nuit, souvent propice à des échanges thermiques importants dans les masses d’air (turbulence atmosphérique), et à la position très proche sur l’horizon, qui est le pire endroit pour observer des images nettes. Notons aussi que, comme les deux planètes vont passer au-delà du Soleil au début de l’année 2021, elles seront très éloignées de la Terre en ce 21 décembre, 890 millions de kilomètres pour Jupiter, 1,6 milliard pour Saturne, ce qui réduit leur taille angulaire ; Jupiter montrera alors un diamètre de 33″, alors qu’il était de 48″ vers le 15 juillet 2020. Le diamètre de Saturne sera quant à lui de 15″ (18″ en juillet 2020).

Si ces conditions dégradées n’offriront certainement pas des images bien nettes dans un télescope, on savourera cependant la beauté d’un phénomène rare (prochain rapprochement identique en… 2080 !), permettant d’admirer dans le même champ de l’oculaire, les deux planètes les plus belles de notre système solaire.

L’éclipse totale de Soleil du 14 décembre 2020

Carte de visibilité de l’éclipse totale de Soleil du 14 décembre 2020
Carte de visibilité de l’éclipse totale de Soleil du 14 décembre 2020. Crédits P. Rocher

Cette éclipse est la quatorzième éclipse totale du xxie siècle et la seconde éclipse de l’année 2020.

Pour rappel, le nombre maximal d’éclipses possibles au cours d’une année grégorienne est de sept, cela s’est produit en 1982 et se produira de nouveau en 2038.

La bande de totalité débute dans l’océan Pacifique sud. Elle traverse uniquement le Chili et l’Argentine et prend fin dans l’océan Atlantique à l’ouest de la Namibie. C’est la seconde éclipse qui traverse l’Argentine en un peu plus d’an et demi après l’éclipse totale du 2 juillet 2019. Elle sera visible sous la forme d’une éclipse partielle sur une grande partie sud de l’Amérique du Sud (Équateur, Pérou, Brésil, Paraguay, Uruguay), au nord de l’Antarctique et au sud-ouest de l’Afrique (Angola, Namibie, Botswana et Afrique du Sud). Sa magnitude est 1,0131.

Circonstances de l’éclipse

Le tableau ci-dessous donne les circonstances de l’éclipse (en UTC).

Phases Instant en UTC Longitude Latitude
Commencement de l’éclipse générale 13 h 33,9 min 115° 39,3′ O 2° 06,3′ S
Commencement de l’éclipse totale 14 h 32,5 min 132° 45,0′ O 7° 43,6′ S
Commencement de l’éclipse centrale 14 h 32,8 min 132° 50,5′ O 7° 46,2′ S
Maximum de l’éclipse 16 h 13,5 min 67° 57,4′ O 40° 20,3′ S
Éclipse centrale à midi vrai 16 h 18,2 min 65° 48,8′ O 40° 46,4′ S
Fin de l’éclipse centrale 17 h 51,1 min 11° 03,1′ E 23° 37,0′ S
Fin de l’éclipse totale 17 h 54,4 min 10° 58,0′ E 23° 34,8′ S
Fin de l’éclipse générale 18 h 53,1 min 6° 29,5′ E 18° 01,4′ S
Carte de visibilité de l’éclipse totale de Soleil du 14 décembre 2020 centrée sur l’Amérique du Sud
Carte de visibilité de l’éclipse totale de Soleil du 14 décembre 2020 centrée sur l’Amérique du Sud. Crédits P. Rocher

Cette éclipse a lieu deux jours après le passage de la Lune à son périgée, le diamètre apparent de la pleine Lune est donc encore important (32′ 52,29″). L’éclipse a lieu peu après le passage de la Lune par son nœud descendant. Durant l’éclipse, la Lune se trouve dans la constellation d’Ophiuchus.

Voici la suite des événements relatifs à la Lune sur cette courte période de temps.

12/12/2020 à 20 h 42 min 05 s UTC
La Lune au périgée, distance à la Terre : 361 772,722 km, diamètre apparent : 33,11′, longitude moyenne : 236,32°.

13/12/2020 à 6 h 50 min 19 s UTC
La Lune entre dans la constellation du Scorpion.

13/12/2020 à 15 h 09 min 11 s UTC
La Lune entre dans la constellation d’Ophiuchus.

14/12/2020 à 11 h 02 min 49 s UTC
La Lune passe par le nœud descendant de son orbite, longitude moyenne : + 259° 57,0′.

14/12/2020 à 16 h 13 min 30 s UTC
Maximum de l’éclipse totale de Soleil.

14/12/2020 à 16 h 16 min 35 s UTC
Nouvelle Lune.

La série de saros de cette éclipse

Le saros est une période de récurrence des éclipses de 6 585,32 jours correspondant à 223 révolutions synodiques moyennes de la Lune, à 242 révolutions draconitiques moyennes et à 239 révolutions anomalistiques moyennes de la Lune. Cette période a été nommée, à tort, Saros par Edmond Halley. On peut donc construire des séries longues d’éclipses séparées par un saros.

Cette éclipse appartient à une série longue de saros complète comportant 72 éclipses successives. Cette série commence avec l’éclipse partielle du 17 avril 1624 et se termine par l’éclipse partielle du 5 juin 2904. Elle se compose de 8 éclipses partielles, suivies d’une éclipse mixte (annulaire-totale) et de 43 éclipses totales et se termine avec 20 éclipses partielles. Ce sont toutes des éclipses au nœud descendant de la Lune, donc les éclipses successives de la série vont parcourir la surface du globe terrestre du sud au nord. L’éclipse totale de la série qui a une durée de centralité la plus forte est la trente-huitième, celle du 28-29 mai 2291 avec une durée de 6 min 38,67 s au maximum de centralité. L’éclipse du 14 décembre du 2020 est la vingt-troisième de la série longue, elle est donc bien sur l’hémisphère sud. On remarque que la quasi-totalité des éclipses centrales est formée par des éclipses totales, donc qui ont lieu au voisinage du passage de la Lune à son périgée.

ciel du mois

Phénomènes astronomiques

Repère géocentrique, les quadratures et les conjonctions sont en ascension droite. Les phénomènes sont donnés en Temps légal français.

8 décembre

1 h 36 min 36 s Dernier quartier de Lune.

12 décembre

21 h 39 min 45 s Conjonction géocentrique en ascension droite entre la Lune et Vénus, différence de déclinaison : + 0° 48′, élongation solaire de Vénus : 25° O.

21 h 42 min 05 s La Lune au périgée, distance à la Terre : 361 772,722 km, diamètre apparent : 33,11′, longitude moyenne : 236,32°.

14 décembre

11 h 33 min 27 s Conjonction géocentrique en ascension droite entre la Lune et Mercure, différence de déclinaison : + 0° 58′, élongation solaire de la Lune : 3° O.

17 h 16 min 35 s Nouvelle Lune.

17 décembre

5 h 29 min 25 s Conjonction géocentrique en ascension droite entre la Lune et Jupiter, différence de déclinaison : − 2° 55′, élongation solaire de la Lune : 33° E.

6 h 19 min 01 s Conjonction géocentrique en ascension droite entre la Lune et Saturne, différence de déclinaison : − 3° 4′, élongation solaire de la Lune : 34° E.

20 h 44 min 20 s Mercure à l’apogée, distance à la Terre : 1,448 78 au, diamètre apparent : 4,6″.

20 décembre

4 h 25 min 43 s Mercure en conjonction supérieure, diamètre apparent : 4,6″, latitude : − 1° 27,1′.

21 h 05 min 30 s Conjonction géocentrique en ascension droite entre la Lune et Neptune, différence de déclinaison : − 4° 33′, élongation solaire de la Lune : 77° E.

21 décembre

11 h 02 min 22 s Solstice d’hiver.

14 h 31 min 56 s Conjonction géocentrique en ascension droite entre Jupiter et Saturne, différence de déclinaison : − 0° 6′, élongation solaire de Jupiter : 30° E.

22 décembre

0 h 41 min 13 s Premier quartier de Lune.

23 décembre

19 h 32 min 18 s Conjonction géocentrique en ascension droite entre la Lune et Mars, différence de déclinaison : − 5° 34′, élongation solaire de la Lune : 109° E.

24 décembre

17 h 31 min 24 s La Lune à l’apogée, distance à la Terre : 405 011,650 km, diamètre apparent : 29,58′, longitude moyenne : 32,76°.

23 h 39 min 38 s Conjonction géocentrique en ascension droite entre la Lune et Uranus, différence de déclinaison : − 3° 25′, élongation solaire de la Lune : 122° E.

30 décembre

4 h 28 min 13 s Pleine Lune.

Visibilité de la Lune et des planètes

Planètes visibles entre les latitudes 60° Nord et 60° Sud et les constellations les plus voisines. L’aspect apparent des planètes est calculé pour le 16 décembre 2020 à 22 h 00 UT.

  • La Lune

    La Lune

    La Lune tourne autour de notre planète tout en tournant autour de son axe en approximativement 28 jours : c’est pourquoi l’on ne voit toujours que la même face de la Lune. Au cours de sa rotation autour de la Terre, la Lune présente plusieurs phases en fonction de sa position par rapport au Soleil : le premier quartier, la pleine Lune, le dernier quartier et la nouvelle Lune. Le retour à une même phase se fait en moyenne tous les 29,53 jours : cette durée de révolution s’appelle la lunaison moyenne ou révolution synodique moyenne de la Lune. En raison des perturbations, la lunaison vraie entre deux phases identiques peut varier dans un intervalle de plus ou moins sept heures par rapport à cette valeur moyenne.

    Phases de la Lune

    Invisible du matin du 13 décembre au soir du 16 décembre

    8Dernier quartier
    14Nouvelle Lune
    22Premier quartier
    30Pleine Lune
  • Mercure

    Mercure le 16 décembre 2020

    Mercure

    Mercure n’est pas visible au mois de décembre.

    Diamètre apparent : 5,99″

    Magnitude : − 0,70

    non visible
    à l’œil nu
    non visible
    aux jumelles
    non visible
    au télescope
  • Vénus

    Vénus le 16 décembre 2020

    Vénus

    Vénus est visible tout le mois en fin de nuit et à l’aube. Au cours du mois, elle se lève de plus en plus tard. Elle se trouve dans la constellation de la Balance jusqu’au 17 décembre, date à laquelle elle entre dans la constellation du Scorpion, qu’elle quitte le 21 décembre pour entrer dans la constellation d’Ophiuchus.

    Diamètre apparent : 11,14″

    Magnitude : − 3,95

    visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Mars

    Mars le 16 décembre 2020

    Mars

    Mars est visible tout le mois le soir au crépuscule et une grande partie de la nuit. Au cours du mois, elle se couche de plus en plus tôt en seconde partie de nuit. Elle se trouve tout le mois dans la constellation des Poissons.

    Diamètre apparent : 12,34″

    Magnitude : − 0,72

    visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Jupiter

    Jupiter le 16 décembre 2020

    Jupiter

    Jupiter est visible tout le mois le soir au crépuscule et en début de nuit. Au cours du mois, elle se couche de plus en plus tôt. Elle se trouve dans la constellation du Sagittaire jusqu’au 18 décembre, date à laquelle elle entre dans la constellation du Capricorne.

    Diamètre apparent : 33,49″

    Magnitude : − 2,02

    visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Saturne

    Saturne le 16 décembre 2020

    Saturne

    Saturne est visible tout le mois le soir au crépuscule et en début de nuit. Au cours du mois, elle se couche de plus en plus tôt. Elle se trouve dans la constellation du Sagittaire jusqu’au 15 décembre, date à laquelle elle entre dans la constellation du Capricorne.

    Diamètre apparent : 15,35″

    Magnitude : − 0,64

    visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Uranus

    Uranus le 16 décembre 2020

    Uranus

    Uranus est visible tout le mois le soir au crépuscule et une grande partie de la nuit. Au cours du mois, elle se couche de plus en plus tôt en seconde partie de nuit. Elle se trouve tout le mois dans la constellation du Bélier.

    Diamètre apparent : 3,67″

    Magnitude : 5,70

    non visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Neptune

    Neptune le 16 décembre 2020

    Neptune

    Neptune est visible tout le mois le soir au crépuscule, en première partie de nuit et en début de seconde partie de nuit. À partir du 7 décembre, elle se couche avant minuit vrai. Au cours du mois, elle se couche de plus en plus tôt. Elle se trouve tout le mois dans la constellation du Verseau.

    Diamètre apparent : 3,23″

    Magnitude : 7,90

    non visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Portail des formulaires de calculs de l’IMCCE

    Portail des formulaires de calculs de l’IMCCE

    N’oubliez pas que vous pouvez aussi calculer les instants des levers et couchers des astres et visualiser leur aspect apparent à n’importe quelle date et depuis n’importe quel lieu sur Terre grâce à notre portail de calculs d’éphémérides : https://ssp.imcce.fr.

Cartes du ciel

Ces cartes du ciel montrent les étoiles brillantes et les planètes visibles dans le ciel de l’hémisphère nord et de l’hémisphère sud, vers l’horizon nord et l’horizon sud, pour le 15 décembre 2020.

Hémisphère nord, en direction du nord – 23 h Temps légal français

Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du nord, au 15 décembre 2020
Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du nord. Crédits IMCCE

Hémisphère nord, en direction du sud – 23 h Temps légal français

Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du sud, au 15 décembre 2020
Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du sud. Crédits IMCCE

Hémisphère sud, en direction du nord – 23 h Temps local aux Makes, La Réunion

Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du nord, au 15 décembre 2020
Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du nord. Crédits IMCCE

Hémisphère sud, en direction du sud – 23 h Temps local aux Makes, La Réunion

Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du sud, au 15 décembre 2020
Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du sud. Crédits IMCCE

Vue dans le plan de l’écliptique

Dans sa course apparente sur l’écliptique, le Soleil est accompagné de plusieurs planètes proches. Celles qui sont à l’est peuvent être observées au coucher du Soleil et en début de nuit selon leur élongation et leur magnitude, celles qui sont à l’ouest le seront en fin de nuit et au lever du Soleil sous les mêmes conditions. La figure suivante montre la configuration au 15 décembre 2020.

Position de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique au 15 décembre 2020
Position de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique au 15 décembre 2020. Crédits IMCCE
Déplacement de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique au cours du mois de décembre 2020. Crédits IMCCE

culture astronomique

Le Guide de données astronomiques 2021 est paru !

Première de couverture du Guide de données astronomiques 2021
Première de couverture du Guide de données astronomiques 2021. Crédits IMCCE

Ce guide, présenté dans une version couleur plus agréable et remaniée, est conçu pour répondre aux besoins de l’observateur.

Les positions des astres sont données mois par mois pour préparer les observations : d’un seul coup d’œil, tous les astres du mois sont lisibles. Les explications nécessaires à l’utilisation des éphémérides sont accompagnées d’exemples. Une multitude d’informations sur les phénomènes observables sont communiquées agrémentées de cartes. Les notions de calendriers, d’échelle de temps et autres connaissances indispensables sont rappelées.

  • Format : 16 cm × 24 cm – 392 pages couleur
  • Éditeur : EDP Sciences
  • ISBN : 978-2-7598-2470-0
  • Prix : 19 €

La Connaissance des temps : un journal scientifique publié depuis 1679, épisode X

Frontispice de la Connaissance des temps pour l’année 1731
Frontispice de la Connaissance des temps pour l’année 1731. Crédits Observatoire de Paris

La Connaissance des temps (CDT) publie depuis 1679 les éphémérides des corps célestes, ainsi que diverses tables et données à destination des astronomes et des curieux de l’astronomie.

Lire le dixième épisode : « Astronomes et calculateurs de la Connaissance des temps : des hommes et des femmes »

Dans cette lettre d’information, nous continuons d’explorer l’histoire scientifique de cet ouvrage et de voir son évolution au cours des trois derniers siècles. La CDT a‑t‑elle beaucoup changé ? A‑t‑elle été influencée par les événements politiques ? A‑t‑elle participé à l’essor des sciences en général et de l’astronomie en particulier ? Nous allons tenter de répondre à ces questions par une lecture attentive des 342 volumes de la CDT publiés à ce jour. Vous trouverez dans les textes que nous proposons des liens vers les pages de la Connaissance des temps que nous citons pour vous permettre d’avoir accès aux textes originaux.

science en direct

Passage de l’astéroïde 2020 VT4 au plus près de la Terre

Vue de l’orbite de l’astéroïde 2020 VT4 dans le Système solaire.
Vue de l’orbite de l’astéroïde 2020 VT4 dans le Système solaire. Crédits MPC

Dans la nuit du 13 au 14 novembre 2020, l’instrument ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System en anglais et Système d’alerte ultime d’impact d’astéroïde en français) de l’observatoire Mauna Loa, situé à Hawaï (USA), a détecté un petit astéroïde dénommé 2020 VT4.

Des observations complémentaires, effectuées entre le 14 et le 19 novembre, ont montré que cet objet avait frôlé la Terre quelques heures avant sa découverte. L’objet est en effet passé le vendredi 13 novembre 2020 vers 17 h 20 min (UTC) au-dessus du Pacifique à une altitude minimale d’environ 370 km, soit légèrement en dessous de l’orbite de la Station spatiale internationale (ISS).

L’événement est particulier, puisque, si on exclut les 4 astéroïdes d’abord observés dans l’espace avant de tomber sur Terre (2008 TC3, 2014 AA, 2018 LA et 2019 MO), il s’agit du passage au plus proche de la Terre d’un astéroïde jamais répertorié. Les rencontres les plus proches répertoriées jusque-là étaient pour l’astéroïde 2020 QG à 2 950 km en août 2020 et pour 2011 CQ1 à 5 480 km en février 2011.

Animation montrant le passage de l’astéroïde 2020 VT4 du point de vue d’un observateur qui suit la rotation de la Terre. (télécharger la vidéo – mp4/1280x720/8,44 Mo) Crédits Cosmographia

Des observations de sa luminosité montrent que le diamètre de 2020 VT4 est d’environ de 6 à 12 mètres. Un impact avec la Terre n’aurait donc pas créé de dégâts, puisqu’il se serait en partie consumé dans l’atmosphère et ses restes auraient très probablement fini dans l’océan. À titre de comparaison, l’astéroïde qui s’est désintégré au-dessus de Cheliabinsk en Russie en février 2013 mesurait environ 17 mètres de diamètre.

La rencontre proche de 2020 VT4 avec la Terre a profondément modifié sa trajectoire autour du Soleil. Avant ce rapprochement, il orbitait entre 0,9 au (135 millions de kilomètres) et 1,6 au (240 millions de kilomètres) du Soleil et pouvait croiser l’orbite de Mars et celle de la Terre. Il appartenait alors à la classe des astéroïdes Apollo. Depuis cette rencontre, l’objet circule entre 0,7 au (105 millions de kilomètres) et 1,1 au (165 millions de kilomètres) et peut donc croiser l’orbite de Vénus et celle de la Terre, mais plus celle de Mars, au moins pour une certaine durée. Il est à présent classé comme astéroïde Aten.

L’étude de son passé récent montre que 2020 VT4 a frôlé Mars en janvier 2020 à une distance de 0,09 au, soit un peu plus de 13 millions de kilomètres. Il est également déjà passé près de la Terre en novembre 2017 à 0,05 au, soit environ 8 millions de kilomètres. À l’avenir, 2020 VT4 ne devrait pas s’approcher à moins de 0,1 au (environ 15 millions de kilomètres) de la Terre ou de Vénus au moins jusqu’en 2040, décennie où il effectuera deux passages proches de Vénus, à 0,1 au en 2041 et 0,05 au en 2045.

1 au = 1 unité astronomique = 149 597 870,7 km.

en savoir plus

Les paramètres orbitaux de l’astéroïde 2020 VT4

Séminaires

Compte tenu de la fermeture de l’Observatoire de Paris, les séminaires habituellement ouverts au public sont suspendus jusqu’à nouvel ordre.

Astro en images

Nouveau planisphère de Mars obtenu avec le télescope de 1 m du pic du Midi

Carte détaillée de Mars réalisée au pic du Midi
Carte détaillée de Mars réalisée au pic du Midi. Crédits F. Colas/J.L. Dauvergne/G. Dovillaire/T. Legault/G. Blanchard/B. Gaillard/D. Baratoux/A. Klotz/S2P/IMCCE/OMP/Imagine Optic

Le télescope de 1 m de l’observatoire du pic du Midi est couramment utilisé par les chercheurs de l’IMCCE pour étudier les petits corps du Système solaire (astéroïdes, comètes et satellites naturels).

Une équipe dirigée par François Colas (IMCCE/Observatoire de Paris – PSL) a profité de l’opposition de Mars pour obtenir ce planisphère de la planète d’une qualité exceptionnelle pour un télescope au sol. Pour obtenir cette image, il a fallu utiliser des images du 8 octobre au 1er novembre. En effet, la similarité de la rotation de Mars (24,622 962 h) avec celle de la Terre fait que la face visible de la planète change peu d’une nuit à l’autre.

Voir sur YouTube : Global map of Mars from Pic du Midi

Ces travaux ont permis de réaliser une version 3D de l’observation

Thierry Legault a décliné cette animation pour en faire une animation stéréo. Elle existe en deux versions. La première est en vision parallèle, c’est-à-dire que les yeux doivent rester droits (comme s’ils regardaient au loin). Les images doivent être mises à une distance inférieure ou égale à l’écartement des deux yeux. Les deux images peuvent être séparées par une feuille de papier pour éviter de loucher. Le meilleur effet sera obtenu en regardant la vidéo ci-dessous sur un smartphone avec une « VR box », un dispositif binoculaire pour la 3D.

Voir sur YouTube :

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