Le phénomène aura lieu le soir du 18 février 2026 dans les dernières lueurs du soleil couchant. Si l’évènement s’annonce spectaculaire, il constitue cependant un sérieux défi observationnel car plusieurs éléments vont rendre cette observation assez difficile, en premier, une grande proximité avec l’horizon inondé de lumière solaire.
L’ordre des acteurs sur l’écliptique sera le suivant : en partant de l’horizon ouest, et en remontant vers l’est, nous aurons d’abord Vénus, puis la Lune et enfin Mercure, toutes les trois dans la constellation du Verseau.
En premier lieu, la nouvelle lune ayant eu lieu la veille, notre satellite, éloigné de seulement 14°du Soleil, ne présentera ce soir-là qu’un croissant d’une extrême finesse noyé dans un ciel encore brillant peu après le coucher de l’astre du jour. Si observer un croissant de Lune 48 h après la nouvelle lune est déjà un beau défi, réaliser cette observation seulement 24 h après relève de l’exploit. Ce sera le premier écueil.
Vénus sera située plus près encore du Soleil, à environ 11°. Pourtant, avec une magnitude de -3,9, elle sera extrêmement brillante et accessible avec de simples jumelles. Elle va se coucher 58 min seulement après le soleil (19 h 17 TLF versus 18 h 19 TLF).
Quant à Mercure, un heureux hasard veut que cette date du 18 février la trouve quasi à son maximum d’éloignement du Soleil et donc dans sa meilleure période de visibilité (son élongation maximum aura lieu le lendemain). Sa magnitude sera de l’ordre de -1,1. Elle sera elle aussi bien visible aux jumelles. Elle se couchera vers 19 h 58 TLF.
Comment observer le phénomène ?
On l’aura compris : il va falloir cumuler les meilleures conditions d’observation pour espérer voir ce beau rapprochement.
Il semble illusoire d’espérer voir cette conjonction en ville, avec un horizon bouché par des immeubles ou des arbres et une atmosphère polluée.
Les sites les plus favorables semblent être un bord de mer avec vue sur le coucher du Soleil et un ciel d’une grande pureté (sans brume marine) ou un site en moyenne ou haute montagne avec un horizon ouest regardant vers la plaine.
On pourra tenter l’observation à l’œil nu mais avec un ciel aussi brillant sur l’horizon, le recours à des jumelles semble nécessaire pour aider au repérage. C’est probablement Vénus qui sera capturée en premier car elle sera la plus brillante. On tentera ensuite le très fin croissant lunaire, puis le petit point rose de Mercure. Un instrument, lunette ou petit télescope, sera un excellent allié. Il faudra utiliser les grossissements les plus faibles (25 à 40 fois) pour scruter et balayer le ciel avant de trouver un des trois acteurs. Une fois l’un d’eux capturé, en s’aidant de la configuration ci-dessus, il devrait être possible de distinguer les deux autres astres.
Avis aux astrophotographes chevronnés : nous attendons vos clichés pour immortaliser ce phénomène rare.
Pour les amateurs de beaux rapprochements, indiquons pour terminer que, ce soir-là, Saturne sera encore bien visible non loin de la tête des Poissons sous la constellation de Pégase. Son observation permettra au curieux de capturer une autre planète habituellement difficile à observer : Neptune, la huitième et dernière planète de notre Système solaire. Par chance a eu lieu, 48 h auparavant (le 16 février), une conjonction entre Neptune et la planète aux anneaux. Le 18 février, les deux planètes étant encore assez proches, Neptune sera facile à localiser, à 1° au nord de Saturne. Avec une magnitude de 7,8, il faudra un petit instrument (lunette ou télescope) pour capturer Neptune, visible sous la forme d’une petite étoile.