Dans son perpétuel ballet autour de la Terre, notre satellite la Lune s’interpose régulièrement au-devant ou à côté d’étoiles ou de formation stellaire remarquable. Ce sera le cas ce dimanche 19 avril 2026 en soirée. La Lune va frôler le célèbre amas ouvert des Pléiades. L’évènement n’est pas extraordinaire puisqu’il se produit de temps à autre, la proximité étant plus ou moins prononcée à chaque rapprochement. En avril 2025, la Lune avait occulté l’amas pendant de longues minutes offrant un spectacle qui restera dans les mémoires. En ce 19 avril 2026, point d’occultation, mais plutôt un passage rasant au nord de l’amas puisque le disque lunaire passera moins d’un degré au-dessus des Pléiades.
L’évènement pourra être admiré lorsque les lueurs du couchant vont commencer à s’estomper. Notons que ce petit coin de ciel accueillera deux autres acteurs puisque les planètes Vénus et Uranus seront présentes quelques degrés plus au sud.
En avril 2026, la nouvelle Lune aura lieu le 17 avril à 13h51 temps légal français (TLF dans cette lettre). Autant dire que le 19 Avril en soirée, nous n’observerons qu’un très fin croissant, très esthétique certes mais noyé dans les lueurs du couchant et peu brillant. Le Soleil se couchant à 20 h 45 TLF, il faudra attendre au moins une heure avant de commencer les premiers repérages. Avec une magnitude de -3,9, il est probable que ce soit l’étoile du Berger, (le surnom de Vénus) qui apparaisse en premier. Positionnée environ 11° au-dessus de l’horizon un peu à droite du point cardinal ouest (on pourra s’aider d’une boussole), et de la zone la plus brillante du ciel avec un Soleil 10° sous l’horizon. Le phare de Vénus sera bien pratique puisqu’il permettra de localiser le très fin croissant lunaire situé verticalement 7° au-dessus. Sachant qu’une paire de jumelles 10x50 offre un champ d’environ 5°, il suffira de trouver Vénus, puis de remonter verticalement d’environ un champ et demi pour capturer la Lune.
Si l’œil humain sera l’instrument idéal pour les premiers repérages, une paire de jumelles fera gagner du temps et offrira une image plus riche et détaillée car si le très fin croissant de Lune sera facile à trouver aux jumelles, il le sera beaucoup moins à l’œil nu. Vers 22h TLF, une fois la nuit venue, les acteurs seront bien mieux mis en valeur, même si les Pléiades seront à peine 15° au-dessus de l’horizon ouest – nord-ouest. Les possesseurs de lunette ou de télescope, même modestes (80 mm à 130 mm), pourront tenter quelques observations intéressantes. L’observateur constatera que Vénus montre un disque d’une taille angulaire de 11’’ d’arc avec une surface éclairée à 90,4 % et sera donc, dans une phase gibbeuse. Le croissant lunaire sera par contre bien trop fin pour espérer voir des cratères entiers. Si un horizon ouest bien dégagé et un ciel pur le permettent, nous pourrons tenter de capturer la septième et avant dernière planète de notre Système solaire, Uranus, 4° en-dessous (au sud) des Pléiades : visible sous la forme d’un tout petit confetti de 3,5’’ d’arc, elle brille à la magnitude de 5,8.
Ce magnifique spectacle sera une belle occasion de voir un alignement des trois astres sur la voûte céleste, mais quelles sont les distances réelles qui nous séparent d'eux ? La plus proche sera bien sûr la Lune, avec un clin d’œil intéressant ; en ce jour du 19 avril la Lune sera à 8h55 UTC à son périgée, c.à.d. sa distance la plus proche de la Terre, soit 361 630 km. Vient ensuite Vénus à environ 1,48 ua ou 221 millions de km (1 ua = la distance Terre-Soleil, soit environ 150 millions de km). Uranus sera quant à elle à 20,3 au. Enfin, il va falloir passer les bottes de 7 lieues pour rejoindre les Pléiades qui sont, quant à elles, situées à… 440 années-lumière, soit loin, très loin à l’arrière-plan (1 année-lumière est la distance parcourue par la lumière dans le vide pendant 1 an soit environ 9 461 milliards de kilomètres).





























