Édito

Dans notre lettre d'information, comme en astronomie en général, plusieurs systèmes de temps peuvent être employés : UTC ou l'heure locale. UTC est le sigle pour le temps universel coordonné qui correspond à l'heure au méridien d’origine, historiquement le méridien de Greenwich. Ce système horaire correspond à la norme suivie dans le monde. Le temps « local » est le temps qui correspond à chaque fuseau horaire. Par exemple pour Paris c’est le TLF (Temps légal français) qui s’applique, soit : UTC + 1 h en hiver et UTC + 2 h en été. L’heure légale française est donnée par le LTE, vous pouvez la retrouver ici !

Ce mois-ci

Conjonction Mercure - Lune - Vénus au crépuscule le 18 février 2026

En ce mois de février 2026, la mécanique céleste organise un magnifique rapprochement entre notre satellite naturel, la Lune, et les deux premières planètes de notre Système Solaire, Mercure et Vénus.

Le phénomène aura lieu le soir du 18 février 2026 dans les dernières lueurs du soleil couchant. Si l’évènement s’annonce spectaculaire, il constitue cependant un sérieux défi observationnel car plusieurs éléments vont rendre cette observation assez difficile, en premier, une grande proximité avec l’horizon inondé de lumière solaire.

L’ordre des acteurs sur l’écliptique sera le suivant : en partant de l’horizon ouest, et en remontant vers l’est, nous aurons d’abord Vénus, puis la Lune et enfin Mercure, toutes les trois dans la constellation du Verseau.

Configuration de la conjonction Vénus-Lune-Mercure le 18 février 2026 vers 17h30 UTC soit 18 h 30 temps légal français (TLF).
Configuration de la conjonction Vénus-Lune-Mercure le 18 février 2026 vers 17 h 30 UTC soit 18 h 30 temps légal français (TLF). Crédits Stellarium

En premier lieu, la nouvelle lune ayant eu lieu la veille, notre satellite, éloigné de seulement 14°du Soleil, ne présentera ce soir-là qu’un croissant d’une extrême finesse noyé dans un ciel encore brillant peu après le coucher de l’astre du jour. Si observer un croissant de Lune 48 h après la nouvelle lune est déjà un beau défi, réaliser cette observation seulement 24 h après relève de l’exploit. Ce sera le premier écueil.

Vénus sera située plus près encore du Soleil, à environ 11°. Pourtant, avec une magnitude de -3,9, elle sera extrêmement brillante et accessible avec de simples jumelles. Elle va se coucher 58 min seulement après le soleil (19 h 17 TLF versus 18 h 19 TLF).

Quant à Mercure, un heureux hasard veut que cette date du 18 février la trouve quasi à son maximum d’éloignement du Soleil et donc dans sa meilleure période de visibilité (son élongation maximum aura lieu le lendemain). Sa magnitude sera de l’ordre de -1,1. Elle sera elle aussi bien visible aux jumelles. Elle se couchera vers 19 h 58 TLF.

Comment observer le phénomène ?

On l’aura compris : il va falloir cumuler les meilleures conditions d’observation pour espérer voir ce beau rapprochement.

Il semble illusoire d’espérer voir cette conjonction en ville, avec un horizon bouché par des immeubles ou des arbres et une atmosphère polluée.

Les sites les plus favorables semblent être un bord de mer avec vue sur le coucher du Soleil et un ciel d’une grande pureté (sans brume marine) ou un site en moyenne ou haute montagne avec un horizon ouest regardant vers la plaine.

On pourra tenter l’observation à l’œil nu mais avec un ciel aussi brillant sur l’horizon, le recours à des jumelles semble nécessaire pour aider au repérage. C’est probablement Vénus qui sera capturée en premier car elle sera la plus brillante. On tentera ensuite le très fin croissant lunaire, puis le petit point rose de Mercure. Un instrument, lunette ou petit télescope, sera un excellent allié. Il faudra utiliser les grossissements les plus faibles (25 à 40 fois) pour scruter et balayer le ciel avant de trouver un des trois acteurs. Une fois l’un d’eux capturé, en s’aidant de la configuration ci-dessus, il devrait être possible de distinguer les deux autres astres.

Avis aux astrophotographes chevronnés : nous attendons vos clichés pour immortaliser ce phénomène rare.

Pour les amateurs de beaux rapprochements, indiquons pour terminer que, ce soir-là, Saturne sera encore bien visible non loin de la tête des Poissons sous la constellation de Pégase. Son observation permettra au curieux de capturer une autre planète habituellement difficile à observer : Neptune, la huitième et dernière planète de notre Système solaire. Par chance a eu lieu, 48 h auparavant (le 16 février), une conjonction entre Neptune et la planète aux anneaux. Le 18 février, les deux planètes étant encore assez proches, Neptune sera facile à localiser, à 1° au nord de Saturne. Avec une magnitude de 7,8, il faudra un petit instrument (lunette ou télescope) pour capturer Neptune, visible sous la forme d’une petite étoile.

Configuration du rapprochement de Saturne et Neptune le 18 février 2026 vers 18 h 30 UTC soit 19 h 30 temps légal français (TLF).
Configuration du rapprochement de Saturne et Neptune le 18 février 2026 vers 18 h 30 UTC soit 19 h 30 temps légal français (TLF). Crédits Stellarium

L'éclipse annulaire sur l'Antarctique du 17 février 2026

Carte de visibilité de l'éclipse annulaire du 17 février 2026
Carte de visibilité de l'éclipse annulaire du 17 février 2026 Crédits LTE

Le 17 février prochain, la première éclipse du Soleil de l’année 2026 jouera pour l'extrême sud de l’Amérique du Sud, le sud-ouest de l’Afrique, son spectacle. Elle est aussi visible depuis le sud des océans Pacifique, Atlantique et Indien.

Cette éclipse est une éclipse polaire sud, elle passe donc sur le pôle Sud. En Antarctique l’éclipse sera visible depuis de nombreuses bases polaires, notamment depuis la station française Concordia située sur le site du Dôme C, où le maximum de l'éclipse aura lieu à 11 h 47 min 43 s UTC avec un degré d'obscuration de 92,5 % et une grandeur ou (magnitude) de 0,96. Le centre du Soleil éclipsé sera alors très bas sur l’horizon à une altitude de 4,9°.

Une éclipse annulaire ?

Lors d'une éclipse annulaire, le Soleil n'est pas éclipsé dans sa totalité par le disque lunaire, cela est lié aux distances entre la Lune, la Terre et le Soleil. Dans le cas d’une éclipse annulaire la Lune n’est pas assez près de la Terre pour avoir une taille apparente suffisamment grande pour cacher complètement le Soleil à nos yeux. Lors du maximum de l’éclipse il ne restera du Soleil qu’un anneau de feu encerclant le disque sombre de la Lune.

Comme l'éclipse a lieu aux fortes latitudes sud, la vitesse de la pénombre à la surface de la Terre est rapide, en effet cette vitesse est égale à la différence entre la vitesse de la pénombre dans l’espace et de la vitesse du sol terrestre. Or la vitesse du sol terrestre diminue lorsque la latitude augmente. Cela explique la faible durée de l’éclipse générale.

Cette éclipse est la dix-neuvième éclipse annulaire de Soleil du XXIe siècle et la première éclipse de l’année 2026.

Circonstances générales de l'éclipse

Le tableau ci-dessous donne les circonstances générales de l’éclipse (en UTC). Pour avoir l’heure légale en France métropolitaine ajouter 1 h aux instants en UTC. La durée de l’éclipse générale est de 4 h 31,2 min et sa grandeur ou (magnitude) est de 0,96.

Phases Instant en UTC Longitude Latitude
Début de l’éclipse générale (P1) 9 h 56 min 28 s -79°24′57.3″ -62°24′03.9″
Début de l’éclipse annulaire (O1) 11 h 43 min 144°15′11.1″ -73°49′37.4″
Début de l’éclipse centrale (C1) 11 h 48 min 18 s 136°38′51.1″ -71°57′30.6″
Maximum de l’éclipse (M) 12 h 11 min 52 s 86°45′16.0″ -64°45′36.1″
Fin de l’éclipse centrale (C2) 12 h 36 min 8 s 99°00′57.2″ -50°06′33.5″
Fin de l’éclipse annulaire (O4) 12 h 41 min 23 s 96°27′47.8″ -47°38′15.3″
Fin de l’éclipse générale (P4) 14 h 27 min 41 s 59°13′28.4″ -12°29′32.2″

Via le portail des formulaires de calcul de SE-OP , vous pouvez également obtenir les circonstances locales de l’éclipse, télécharger les cartes de l’éclipse générale et retrouver toutes les éclipses passées et futures. Les résultats sont constamment actualisés en fonction des avancées de la recherche.

Aspect particulier de cette éclipse

En regardant attentivement la carte représentant cette éclipse, on constate les phénomènes suivants :

  • La bande de centralité de l'éclipse annulaire commence et se termine sur la ligne du maximum de l'éclipse au coucher du Soleil !
  • Il n'y a pas d'éclipse centrale à midi ou à minuit vrai.
  • C'est la limite boréale de la bande de centralité qui est la plus proche du pôle Sud.

On trouve ce genre de phénomènes dans les séries longues de saros pour les éclipses centrales en début et en fin de la liste des éclipses centrales de la série longue. Pour plus de détails consulter la rubrique "en savoir plus".

Série courte d'éclipses

Les séries courtes d’éclipses sont des séries où les éclipses sont espacées par six lunaisons. Elles comportent huit éclipses consécutives et parfois neuf. Chaque éclipse a lieu au voisinage du passage de la direction du Soleil par un nœud de l’orbite lunaire (environ tous les 173,31 jours), cette période est appelée saison des éclipses. On a une alternance de nœud pour chaque groupe d’éclipses consécutif de la série.

Séries courtes d'éclipses entre 2020 et 2032
Séries courtes d'éclipses entre 2020 et 2032 Crédits P. Rocher

Ce graphique contient l’ensemble des éclipses de Lune et de Soleil sur la période allant de 2020 à 2032. On constate qu'à chaque saison d'éclipse, il y a toujours au moins deux éclipses, une de Lune et une de Soleil, et parfois trois. Dans ce cas on a soit une éclipse de Lune encadrée par deux éclipses de Soleil, soit une éclipse de Soleil encadrée par deux éclipses de Lune. La série d’éclipses de Soleil contenant l’éclipse du 17 février 2026 est la série b en bleu. C’est la première éclipse de la série. On voit également que la dernière éclipse de la série est la seconde éclipse de Soleil du triplet d’éclipses, la première éclipse de ce triplet est la première éclipse de la série suivante c .

Voici la liste des éclipses de cette série courte.

Date Type Grandeur ou (Magnitude)
17 février 2026 annulaire 0.96418
12 août 2026 totale 1.03994
6 février 2027 annulaire 0.92924
2 août 2027 totale 1.08041
26 janvier 2028 annulaire 0.92192
22 juillet 2028 totale 1.05736
14 janvier 2029 partielle 0.8719
11 juillet 2029 partielle 0.2303

Série longue de Saros contenant cette éclipse

Le Saros est une période de récurrence des éclipses égale à 223×L lunaisons moyennes de 6 585,321 314 jours. Cette période est proche de 242×D révolutions draconitiques moyennes égales à 6 585,357 436 jours, la différence 242×D–223×L est de 0,036 12 jours, soit 52 minutes. Elle est également proche de 239×A révolutions anomalistiques moyennes de 6 585,537 419 jours, la différence 239×A–223×L est de 0,21610 jours, au bout d’un Saros, la pleine lune se retrouve donc en moyenne à 2,8° en amont sur sa position orbitale précédente. La proximité numérique de ces trois périodes fait que l’on retrouve avec chaque période d’un Saros des conditions très voisines et que l’évolution des éclipses après chaque Saros est relativement lente, ce qui permet de construire des séries longues d’éclipses homologues séparées par un Saros. En moyenne une série longue d’éclipses comporte 72 éclipses : 12 éclipses partielles, puis 48 éclipses centrales suivies de 12 éclipses partielles. Le terme Saros est un nom attribué à tort, à cette période de récurrence, par Edmund Halley en 1691 et publié dans les Philosophical Transactions .

Cette éclipse appartient à une série longue de Saros comportant 71 éclipses successives, ce qui en fait une série proche de la moyenne. Cette série commence avec l’éclipse partielle du 25 avril 944 (les dates antérieures à 1582 sont données dans le calendrier julien) et elle se termine par l’éclipse partielle du 7 juin 2206. Elle se compose de sept éclipses partielles, suivies de quarante-deux éclipses totales, de deux éclipses hybrides et de onze éclipses annulaires. Puis la série longue se termine avec neuf éclipses partielles. C’est une série riche en éclipses centrales (55) et pauvre en éclipses partielles (16).

L’éclipse du 17 février 2026 est l’avant-dernière éclipse (61 e ) de la série d’éclipses centrales dans la seconde partie de la série longue. Toutes les éclipses de la série ont lieu au nœud ascendant de la Lune, donc les éclipses successives de la série vont parcourir la surface du globe terrestre du nord au sud. L’éclipse annulaire du 17 février 2026 est en fin de série, elle passe donc principalement sur hémisphère sud du globe terrestre.

Calendrier chinois traditionnel : nouvel an le 17 février 2026

Nouvel an chinois, année du Cheval, Sculpture de Liu Yilin
Nouvel an chinois, année du Cheval, Sculpture de Liu Yilin Crédits P. Rocher

Cette année l’année lunaire chinoise (nián年) commence le mardi 17 février 2026 et se termine le vendredi 5 février 2027. Cette année lunaire est une année commune (年) de 12 mois lunaires 丙午 (bǐng wǔ) qui correspond à la branche terrestre 午 (wǔ) associée au signe du Cheval 馬 (mǎ) et au tronc céleste 丙 (bǐng) associé à l’élément Feu 火 (huŏ).

L’année solaire (歲 岁 suì ) est une année commune de onze mois lunaires, elle commence au solstice d’hiver (冬至 dōng zhì) du dimanche 21 décembre 2025 et se termine le lundi 21 décembre 2026, veille du solstice d’hiver suivant (冬至 dōng zhì).

Le calendrier musulman et le calcul des dates du mois de Ramadan

Croissant de lune
Croissant de lune. Crédits Sacha T’Sas (Unsplash)

Les musulmans utilisent deux sortes de calendriers lunaires.

Un calendrier perpétuel hégirien basé sur la lunaison moyenne

Ce calendrier alterne six mois de 30 jours et six mois de 29 jours pour les années communes de 354 jours et sept mois de 30 jours et cinq mois de 29 jours pour les années abondantes de 355 jours (les deux derniers mois ayant 30 jours). Onze années abondantes sont judicieusement réparties sur une période de trente ans parmi dix-neuf années communes. Ce calendrier suit remarquablement bien la lunaison moyenne. En effet, il se décale d’un jour par rapport à la lunaison moyenne au bout de 30 902 lunaisons, soit environ 2 575 années lunaires. Le jour calendaire commence le soir au crépuscule.

Un calendrier religieux basé sur l’observation du premier croissant de lune

Ce calendrier est par nature local, car les conditions d’observation dépendent du lieu d’observation et de l’époque à laquelle l’observation a lieu. Ainsi, les premiers croissants de lune sont difficilement observables dans l’hémisphère nord aux fortes latitudes pour les lunaisons proches de l’équinoxe d’automne, alors qu’elles sont facilement observables dans l’hémisphère sud à la même époque. On a le phénomène inverse au voisinage de l’équinoxe de printemps.

Puisque la longueur du mois ne peut avoir plus de trente jours, la nuit qui commence au soir du 29 e  jour est appelée la nuit du doute . Si le croissant est visible, le mois finissant a 29 jours et le nouveau mois commence le soir même. Si le croissant n’est pas visible, le mois finissant a 30 jours et le mois suivant commence le lendemain soir. Le début du mois de rang n dépend donc du début du mois de rang n  – 1. La prédiction du début et de la fin du mois de jeûne de Ramadan s’appuie sur ce principe et sur des critères de visibilité du premier croissant.

Localement, la visibilité du croissant dépend fortement des conditions météorologiques qui sont très difficilement prévisibles à long terme. Les critères de visibilité du premier croissant utilisés dans les programmes de prédiction sont basés sur une hypothèse de ciel clair et sans nuages.

Finalement, c’est l’autorité religieuse qui décide des dates de début et de fin des mois, en s’appuyant sur les prédictions de visibilité ou/et sur la visibilité effective du croissant.

Visibilité du premier croissant de lune en France métropolitaine en février et mars 2026

Pour nos prévisions nous utilisons quatre critères de visiblité, ils sont décrits dans la section pour en savoir plus. En 2026, tous les critères donnent une visibilité du premier croissant à l’œil nu le soir du 18 février et une visibilité à l’œil nu du premier croissant de la fin du mois de Ramadan et le début du mois Chaououal le soir du 20 mars. Dans ce cas le mois de Ramadan a 30 jours. Les trois derniers critères prédisent aussi une visibilité dès le soir du 19 mars, mais uniquement avec une aide optique , dans ce cas le mois de Ramadan a 29 jours. Comme chaque année, plus l’on se déplace vers le sud et l’ouest, plus la visibilité des premiers croissants est facilitée.

science en direct

Séminaires & conférences

  • Bureau des longitudes

    Mercredi 4 Février 2026 – 14 h 30

    Géodésie spatiale : enjeux et missions

    Félix Pérosanz (CNES)

    École normale supérieure, salle Dussane, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris

    Entrée libre. Renseignements par téléphone au 06 11 27 71 83
    ou par mail à l’adresse renseignements@bureau-des-longitudes. fr

    Mercredi 4 Mars 2026 – 14 h 30

    Comment le changement climatique affecte-t-il le cycle de l’eau ?

    Françoise Vimeux (Institut de Recherche pour le Développement)

    École normale supérieure, salle Dussane, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris

    Entrée libre. Renseignements par téléphone au 06 11 27 71 83
    ou par mail à l’adresse renseignements@bureau-des-longitudes. fr

  • Histoire des sciences astronomiques

    Mardi 10 Février 2026 – 14 h 00

    De l’astronomie à la métrologie, ou la construction de l’internationale scientifique avec la création du Bureau international des poids et mesures

    Céline Fellag Ariouet (BIPM)

    Salle du Conseil, Observatoire de Paris, 77 avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris

    Dans le cadre du plan Vigipirate, merci aux extérieurs à l’Observatoire de Paris de bien vouloir s’inscrire à l’avance sur ce formulaire .

    Retrouvez ici le programme des séminaires à venir.

  • Lecture-conférence

    Lundi 2 Mars 2026 – 18 h

    Littérature et astronomie

    J. -E. Arlot (LTE/Observatoire de Paris)

    Salle Carnot, Le Blanc (Indre)

culture astronomique

À la mesure du temps , épisode XI

Statue du cimetière monumental de la chartreuse de Bologne
Statue du cimetière monumental de la chartreuse de Bologne. Crédits L. Boccardo (Unsplash)

La mesure du temps a toujours été une préoccupation des hommes depuis qu’ils ont pris conscience de son écoulement.

Lire le XI e  épisode : « Temps mesurés, temps démesurés – VIII »

Cette mesure a très vite permis d’organiser la société. Pour cela, les hommes ont créé des dispositifs de plus en plus ingénieux pour mesurer le temps à l’aide de phénomènes physiques bien choisis. Les liens entre la mesure du temps et l’astronomie sont d’ailleurs des plus anciens. C’est pour cette raison que la mesure du temps et la mesure de l’espace ont souvent été regroupées dans les observatoires astronomiques. Et cette intrication de l’espace et du temps est encore plus prégnante dans le cadre de la théorie de la relativité d’Einstein. Ce feuilleton est donc dédié à la mesure du temps, à la suite de celui consacré à la mesure du ciel.

Nous avons rencontré les petits reporters des sciences

Les petits reporters des sciences
Les petits reporters des sciences. Crédits Les petits reporters des sciences

Au mois d’octobre, une équipe de jeunes reporters a rencontré Raphaël Lallemand et Alexandre Prieur à deux reprises : une première fois dans la bibliothèque partenaire du projet, puis une seconde fois à l’Observatoire de Paris.

Nous partageons avec vous ce podcast en deux épisodes, qui aborde avec justesse de nombreux grands sujets de l’astronomie en général, et de l’Observatoire en particulier.

Astro en images

Que sont les "super lunes" ?

Evolution des distances des super lunes (2026-2056)
Evolution des distances des super lunes (2026-2056). Crédits Pascal Descamps (LTE)

Nous sommes régulièrement interpellés dans les médias et sur les réseaux sociaux par le phénomène des super lunes. Ces phénomènes sont intéressants pour les observateurs, pour autant ils n’ont rien d’exceptionnel.

Il n’existe pas de définition des super lunes, ce qui est entendu par l’emploi de ce terme est un phénomène au cours duquel la Lune est particulièrement visible et a une taille apparente plus importante pour un observateur terrestre.

Ce phénomène s’explique par la proximité de la Lune par rapport à la Terre au moment de la pleine lune. L’orbite de la Lune autour de la Terre n’est pas un cercle mais une ellipse. Ainsi, au cours du mois, la Lune est plus ou moins éloignée de la Terre.

Pour que le phénomène soit visible il faut aussi que la Lune soit assez haute dans le ciel, mais pas trop non plus car plus elle est haute plus elle s’éloigne de l'horizon et moins elle paraît grande.

Si les astronomes ne possèdent pas de définition officielle stricte, on considère généralement qu’une pleine lune est "super" lorsqu’elle se trouve à moins de 360 600 km de la Terre.

Le rythme des super lunes

Cette rencontre entre pleine lune et périgée n’est pas un événement quotidien. Elle suit un cycle d’environ 1 an, 1 mois et 18 jours. C’est le temps qu’il faut pour que les phases de la Lune et son passage au plus près de la Terre se réalignent.

Les super lunes records : du passé au futur

Certaines super lunes sont exceptionnelles, frôlant la distance minimale théorique possible (environ 356 355 km). On les appelle parfois des "proxigées" ou "lunes ultimes".

  • Dans le passé : Des records ont été approchés de très près, comme le 19 décembre 796 ou le 4 janvier 1912.
  • Au 21ème siècle : La super lune la plus proche de notre époque aura lieu le 6 décembre 2052, à seulement 356 425 km. Une autre date à retenir : le 25 novembre 2034, qui verra la première pleine lune du siècle à passer sous la barre des 356 500 km.
  • Pour la prochaine lune ultime (sous 356 400 km), il faudra patienter jusqu’au 1er janvier 2257 ! Le nombre de ces événements extrêmes diminue avec le temps, en raison de l’évolution très lente de l’orbite lunaire.

Un spectacle à ne pas manquer

Le plus fascinant ? Ce rapprochement maximal ne produit ses effets visuels spectaculaires que lors de la pleine lune. C’est à ce moment précis que notre voisine céleste nous offre son plus beau visage, agrandi et illuminé. Le meilleur moment : au lever de la Lune (ou juste après). Vous profitez du spectacle ET de l’illusion lunaire (effet “énormissime” garanti).

Alors, gardez un œil sur le calendrier astronomique. La prochaine super lune est l’occasion parfaite pour une pause contemplative, à partager en famille ou entre amis, en levant simplement les yeux vers le ciel.

Pour aller plus loin

On parle de « super lune » lorsque la pleine lune se produit au voisinage du périgée lunaire qui est le lieu de l’orbite lunaire pour lequel la distance à la Terre est minimale.

La pleine lune et le périgée se réalignent après une période de 1 an 48 jours et 4,3 heures (soit au bout de 14 lunaisons de 29,53 jours ou de 15 révolutions anomalistiques de 27,55 jours ; la révolution anomalistique est le temps mis par la Lune pour repasser par son périgée).

En effet la période synodique est S ≈29,53 jours et la période anomalistique A≈27,55 jours. Le retour d’une super lune se fait après une durée telle que :

Dans le futur, pour la première fois au XXIe siècle, la pleine lune passera sous les 356 500 km le 25 novembre 2034. Et la pleine lune la plus proche du XXIe siècle se produira le 6 décembre 2052 (356 425 km). Ces périgées particuliers peuvent encore être appelées proxigées.

Il faut savoir que la distance minimale pour le périgée est de 356 355 km. Les lunes ultimes (sous la barre des 356 400 km) du 4 janvier 1912 (356 375 km) et du 19 décembre 796 (356 366 km) s'en sont approchées de seulement une dizaine de km. On constate une diminution du nombre de lunes ultimes avec le temps, cela provient de la diminution de l’excentricité de l’orbite lunaire. La prochaine sera celle du 1er janvier 2257 (356 371 km). Il est intéressant de souligner que ces lunes proxigées ne peuvent survenir qu’en phase de pleine lune et donc à aucun autre moment.

Ceci étant dit, voici de belles images de deux pleines lunes prises à l’Observatoire Astronomique du plateau de Calern et les conditions des prises de vues.

Pleine lune du 5 décembre 2025

La Lune en conjonction avec la coupole, le 5 décembre 2025.
La Lune en conjonction avec la coupole, le 5 décembre 2025. Crédits Bruno Mongellaz
La Lune se pose à côté de la coupole, le 5 décembre 2025.
La Lune se pose à côté de la coupole, le 5 décembre 2025. Crédits Bruno Mongellaz

"Cette image est prise lors de la pleine lune du 5 décembre, avec un Nikon D3000 et une focale de 200 mm mais le résultat est intéressant quand même. L'alignement entre la coupole et la pleine lune, avec un diamètre lunaire supérieur à la coupole, n'est visible que depuis une petite zone de Caussols, et seulement si la Lune est à sa déclinaison positive maximale. Il se trouve que c'était aussi approximativement le moment du périgée. De plus, à l'heure où s'est produit cet alignement, le ciel était déjà assez lumineux pour éclairer un peu le paysage. Le lieu est le même, l'heure aussi à quelques minutes près. C'était aussi le jour du périgée. Ce jour là j'ai pu me placer à l’endroit où l’alignement parfait était visible. "

Pleine lune du 3 janvier 2026

La Pleine lune vient à la rencontre de la coupole, le 3 janvier 2026
La pleine lune vient à la rencontre de la coupole, le 3 janvier 2026. Crédits Bruno Mongellaz

"Le 3 janvier, même lieu, même heure à quelques minutes près. Par contre, je n'ai pas pu avoir l'alignement parfait, car des fils électriques étaient dans le champ. Pour l’occasion, j’ai pu me faire prêter un Canon 60D équipé d’un téléobjectif de 400 mm. Le voile nuageux atténue fortement le contraste sur la surface lunaire, mais crée une ambiance assez douce. "

ciel du mois

Phénomènes astronomiques

Repère géocentrique, les quadratures et les conjonctions sont en ascension droite.
Les phénomènes sont donnés en temps légal français.

1 er  février

23 h 09 min 15 s Pleine lune.

4 février

2 h 55 min 48 s Uranus est stationnaire dans la constellation du Taureau.

9 février

13 h 43 min 07 s Dernier quartier de lune.

10 février

17 h 51 min 44 s Lune à l'apogée, distance à la Terre : 404 576 km, diamètre apparent de la Lune : 29,53′.

12 février

13 h 47 min 54 s Déclinaison minimale de la Lune : − 28°24′.

16 février

6 h 01 min 35 s Uranus est en quadrature avec le Soleil.

19 h 17 min 01 s Élongation minimale entre la Lune et Mars, élongation : 0°42,47′, élongation de la Lune au Soleil : 9°O.

17 février

13 h 01 min 09 s Nouvelle lune.

18 février

8 h 43 min 13 s Élongation minimale entre la Lune et Vénus, élongation : 1°32,40′, élongation de la Lune au Soleil : 10°E.

19 février

0 h 09 min 45 s Élongation minimale entre la Lune et Mercure, élongation : 0° 07,16′, élongation de la Lune au Soleil : 18°E.

11 h 41 min 42 s Mercure au périhélie, distance au Soleil : 0,307 50 au.

18 h 41 min 09 s Mercure en plus grande élongation : 18° 07′ E.

21 h 10 min 47 s Élongation minimale entre la Lune et Saturne, élongation : 4° 04,94′, élongation de la Lune au Soleil : 30°E.

21 h 25 min 45 s Élongation minimale entre la Lune et Neptune, élongation : 3° 15,57′, élongation de la Lune au Soleil : 30°E.

20 février

20 h 58 min 40 s Élongation minimale entre Neptune et Saturne, élongation : 0° 49,86′, élongation de Saturne au Soleil : 29°E.

23 février

23 h 18 min 47 s Élongation minimale entre la Lune et Uranus, élongation : 5° 21,56′, élongation de la Lune au Soleil : 82°E.

24 février

13 h 27 min 37 s Premier quartier de lune.

20 h 57 min 53 s Élongation minimale entre Saturne et Mercure, élongation : 9° 57,56′, élongation de Mercure au Soleil : 16°E.

25 février

0 h 14 min 13 s Lune au périgée, distance à la Terre : 370 135 km, diamètre apparent de la Lune : 32,27′.

11 h 18 min 17 s Élongation minimale entre Neptune et Mercure, élongation : 9° 16,29′, élongation de Mercure au Soleil : 16°E.

17 h 46 min 28 s Mercure est stationnaire dans la constellation des Poissons.

26 février

0 h 14 min 43 s Déclinaison maximale de la Lune : + 28° 26′.

27 février

8 h 32 min 19 s Élongation minimale entre la Lune et Jupiter, élongation : 3° 54,63′, élongation de la Lune au Soleil : 127°E.

22 h 44 min 53 s Élongation minimale entre Vénus et Mercure, élongation : 4° 30,71′, élongation de Mercure au Soleil : 13°E.

Visibilité de la Lune et des planètes

Planètes visibles entre les latitudes 60° Nord et 60° Sud et les constellations voisines. L’aspect apparent des planètes est calculé pour le 16 Février 2026 à 22 h 00 UTC.

  • La Lune

    PL 1.02
    DQ 9.02
    NL 17.02
    PQ 24.02
    non-visibilité 16/02 > 18/02
    Calculer les phases de la Lune
    Trajectoire de la Lune en février 2026
    Trajectoire de la Lune au cours du mois de février 2026. Crédits LTE
  • Mercure

    œil visible
    jumelles visible
    télescope visible

    Diamètre apparent 6.3″

    Magnitude − 0.9

    Calculer les phases de Mercure
    Mercure le 16 février 2026
    Mercure le 16 février 2026. Crédits LTE
    Trajectoire de Mercure au cours du mois de février 2026
    Trajectoire de Mercure au cours du mois de février 2026. Crédits LTE
  • Vénus

    œil non visible
    jumelles non visible
    télescope non visible

    Diamètre apparent 9.9″

    Magnitude − 3.9

    Calculer les phases de Vénus
    Vénus le 16 février 2026
    Vénus le 16 février 2026. Crédits LTE
    Trajectoire de Vénus au cours du mois de février 2026
    Trajectoire de Vénus au cours du mois de février 2026. Crédits LTE
  • Mars

    œil non visible
    jumelles non visible
    télescope non visible

    Diamètre apparent 4.0″

    Magnitude 1.2

    Calculer les éphémérides de Mars
    Mars le 16 février 2026
    Mars le 16 février 2026. Crédits LTE
    Trajectoire de Mars au cours du mois de février 2026
    Trajectoire de Mars au cours du mois de février 2026. Crédits LTE
  • Jupiter

    œil visible
    jumelles visible
    télescope visible

    Diamètre apparent 44.4″

    Magnitude − 2.5

    Calculer les éphémérides de Jupiter
    Jupiter le 16 février 2026
    Jupiter le 16 février 2026. Crédits LTE
    Trajectoire de Jupiter au cours du mois de février 2026
    Trajectoire de Jupiter au cours du mois de février 2026. Crédits LTE
  • Saturne

    œil non visible
    jumelles non visible
    télescope non visible

    Diamètre apparent 16.1″

    Magnitude 1.0

    Calculer les éphémérides de Saturne
    Saturne le 16 février 2026
    Saturne le 16 février 2026. Crédits LTE
    Trajectoire de Saturne au cours du mois de février 2026
    Trajectoire de Saturne au cours du mois de février 2026. Crédits LTE
  • Uranus

    œil non visible
    jumelles visible
    télescope visible

    Diamètre apparent 3.6″

    Magnitude 5.7

    Calculer les éphémérides d'Uranus
    Uranus le 16 février 2026
    Uranus le 16 février 2026. Crédits LTE
    Trajectoire de Uranus au cours du mois de février 2026
    Trajectoire de Uranus au cours du mois de février 2026. Crédits LTE
  • Neptune

    œil non visible
    jumelles visible
    télescope visible

    Diamètre apparent 2.2″

    Magnitude 7.9

    Calculer les éphémérides de Neptune
    Neptune le 16 février 2026
    Neptune le 16 février 2026. Crédits LTE
    Trajectoire de Neptune au cours du mois de février 2026
    Trajectoire de Neptune au cours du mois de février 2026. Crédits LTE

Cartes du ciel

Cartes du ciel des étoiles brillantes et des planètes visibles dans le ciel de l’hémisphère nord et de l’hémisphère sud, vers l’horizon nord et l’horizon sud, pour le 15 Février 2026.

  • Hémisphère nord, en direction du nord – 23 h temps légal français (UTC + 1 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du nord, au 15 Février 2026
    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du nord. Crédits LTE
  • Hémisphère nord, en direction du sud – 23 h temps légal français (UTC+ 1 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du sud, au 15 Février 2026
    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du sud. Crédits LTE
  • Hémisphère sud, en direction du nord – 23 h temps local à La Réunion (UTC+ 4 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du nord, au 15 Février 2026
    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du nord. Crédits LTE
  • Hémisphère sud, en direction du sud – 23 h temps local à La Réunion (UTC + 4 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du sud, au 15 Février 2026
    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du sud. Crédits LTE
  • Vue dans le plan de l’écliptique

    Dans sa course apparente sur l’écliptique, le Soleil est accompagné de plusieurs planètes proches. Celles qui sont à l’est peuvent être observées au coucher du Soleil et en début de nuit selon leur élongation et leur magnitude, celles qui sont à l’ouest le seront en fin de nuit et au lever du Soleil sous les mêmes conditions. La figure suivante montre la configuration au 15 Février 2026.

    Position de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique au 15 Février 2026
    Position de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique au 15 Février 2026. Crédits LTE
    Déplacement de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique en Février 2026. Crédits LTE
  • Positions héliocentriques des planètes

    Les figures suivantes montrent la configuration dans le plan de l’écliptique au 15 Février 2026. Sur chaque orbite des planètes intérieures, l’intersection du segment et de l’orbite marque la position de la planète au premier jour du mois, et l’extrémité de la flèche marque celle au dernier jour du mois.

    Positions héliocentriques des planètes intérieures dans le plan de l’écliptique au 15 Février 2026
    Positions héliocentriques des planètes intérieures dans le plan de l’écliptique au 15 Février 2026. Crédits LTE
    Positions héliocentriques des planètes extérieures dans le plan de l’écliptique au 15 Février 2026
    Positions héliocentriques des planètes extérieures dans le plan de l’écliptique au 15 Février 2026. Crédits LTE