Juillet-Août 2024# 214

Édito

L’été est enfin là et avec lui la lettre d’été de l’IMCCE !

Vous y trouverez un anniversaire peu ordinaire – celui d’une comète qui percuta Jupiter il y a 30 ans –, la Terre qui se tient au plus loin du Soleil, les rencontres célestes de l’été, entre occultation et conjonction.

Vous y trouverez aussi toutes les informations sur les Perséides, une météorite qui n’a pas encore été retrouvée et le coucher du Soleil à observer sous l’Arc de Triomphe.

Cette lettre est aussi l’occasion de revenir sur l’incendie qui a malheureusement détruit le plus grand cadran solaire de France en forme de scaphé.

Enfin, vous pouvez commencer à vous préparer pour l’éclipse partielle de Lune du 18 septembre et l’éclipse annulaire de Soleil du 2 octobre sur lesquelles nous reviendrons dans les lettres à venir. Vous pouvez déjà retrouver toutes les informations sur le portail web des formulaires de calcul d’éphémérides de l’IMCCE :

Bonne lecture et pensez à nous envoyer vos photos !

Ce mois-ci

Il y a 30 ans, Shoemaker-Levy 9 percutait Jupiter

Vue d’artiste de la comète Shoemaker-Levy 9 à l’approche de Jupiter en juillet 1994
Vue d’artiste de la comète Shoemaker-Levy 9 à l’approche de Jupiter en juillet 1994. Crédits D. Davis/NASA

Nous sommes en juillet 1994 : voici une date qui marquera nombre d’astronomes, qu’ils soient professionnels ou amateurs. Selon les calculs, une comète doit en effet entrer en collision avec la planète géante Jupiter entre le 16 et le 22 juillet.

La comète Shoemaker-Levy 9, officiellement désignée D/1993 F2 (Shoemaker-Levy), parfois abrégée en SL9, a été découverte en mars 1993 par le télescope de Schmidt de 40 cm de l’observatoire du mont Palomar. Cette découverte est une première, car il s’avère que la comète est en orbite autour de Jupiter, ce qui n’a jamais été observé auparavant. Sa capture par la planète gazeuse remonterait à 20 ou 30 ans. Mais une autre surprise attend les découvreurs : la comète n’est pas un objet unique, mais dévoile un chapelet de fragments qui se suivent. Il apparaît qu’en orbitant autour de Jupiter, la comète a pénétré en juillet 1992 dans la limite de roche générée par l’influence gravitationnelle de la planète. Le noyau de la comète n’a pas résisté à ces puissants effets de marée : il s’est fragmenté. Une image prise par le télescope spatial Hubble le 17 mai 1994 montre jusqu’à 21 fragments. Et les calculs prédisent qu’en juillet 1994, tous ces fragments doivent s’écraser sur la planète géante.

Photographie des 21 fragments de la comète Shoemaker-Levy 9 à l’approche de Jupiter en juillet 1994 (composite)
Photographie des 21 fragments de la comète Shoemaker-Levy 9 à l’approche de Jupiter en juillet 1994 (composite). Crédits NASA/ESA/H. Weaver/E. Smith (STScI)/J. Trauger/R. Evans (NASA’s Jet Propulsion Laboratory)

L’annonce fait grand bruit dans la communauté scientifique, car un tel phénomène n’a alors jamais été observé. Si la communauté professionnelle se mobilise dans de nombreux observatoires, les amateurs ne sont pas en reste : les plus aguerris vont imager l’événement (l’astronomie CCD amateur sort de ses premiers balbutiements…), les moins bien équipés vont au moins tenter de capturer l’événement visuellement. L’auteur de ses lignes fait partie de cette dernière catégorie. En juillet 1994, je passe mes vacances dans la station alpine d’Orcières-Merlette. Je dispose d’un modeste télescope de 115/900. Mais par chance, je rencontre par hasard dans la station un autre astronome amateur, mieux équipé, puisque ce dernier dispose d’un télescope de type Schmidt-Cassegrain de 200 mm de diamètre. C’est un excellent télescope pour l’observation planétaire, puisque s’il est équipé d’un miroir assez puissant, il offre aussi une longue focale de 2 mètres capable d’obtenir des amplifications importantes.

Malgré une météo très capricieuse (beaucoup de pluie) dans les Alpes en ce mois de juillet 1994, nous sommes donc deux astronomes amateurs présents ce samedi 16 juillet, et Uranus, le dieu du ciel, nous est favorable, puisque le ciel est clair ce soir-là. Le premier impact étant prévu vers 22 h 15 en Temps légal français, nous sommes dehors vers 21 h 45 et le télescope pointe Jupiter dès 22 h 00. Ce soir-là, vers 22 h 00, Jupiter se situe au-dessus de l’horizon ouest, à 4° au nord-est (en haut à gauche) d’un joli premier quartier de lune. Nous scrutons donc Jupiter, que nous grossissons 200 fois, ce qui offre un disque assez large pour permettre de distinguer des détails si jamais il y en a.

En toute honnêteté, dans mon for intérieur, j’ai de sérieux doutes sur la possibilité pour nous amateurs de pouvoir distinguer quoi que ce soit. En premier lieu, rappelons que la planète géante se situe ce soir-là à 767 millions de kilomètres de la Terre. D’autre part, j’ai souvent été refroidi par des annonces d’événements liés à des comètes et annoncés comme remarquables et qui au final n’ont pas tenu leurs promesses : en d’autres termes, rien n’a pu être observé visuellement au moment auquel le phénomène était annoncé. Je suis donc curieux, mais quelque peu dubitatif chaque fois que je colle l’œil à l’oculaire du télescope ce 16 juillet en scrutant le disque blanchâtre coupé par les deux bandes équatoriales. Et la première heure me donne raison, puisque nous n’observons rien d’anormal pendant de longues minutes.

Puis vers minuit, un détail attire notre attention sur le limbe de l’hémisphère sud. Nous semblons apercevoir une tache sombre émerger… Les minutes passent, la planète tourne sur elle-même, et ce qui était une suspicion devient une évidence : un détail tout à fait inhabituel apparaît sur le disque de la planète géante. J’ai pensé qu’il pouvait éventuellement s’agir de l’ombre d’un satellite qui se projetait sur le disque de Jupiter, comme on peut parfois le distinguer. Mais en poussant le grossissement, le détail n’avait pas l’aspect caractéristique d’un minuscule confetti parfaitement rond, comme celui de l’ombre d’un satellite, mais semblait plus allongé et diffus. Il fallait se rendre à l’évidence : nous observions en direct un peu médusés le résultat des premiers impacts des fragments de SL9 en train de s’écraser sur la plus grosse planète de notre système solaire. La chose était loin d’être banale : observé à une telle distance, avec un modeste télescope amateur, il fallait un phénomène d’une puissance phénoménale pour marquer à ce point la surface gazeuse de Jupiter.

Le phénomène était prévu pour durer du 16 au 22 juillet 1994. Durant tout ce laps de temps, et chaque fois que la météo nous offrait de rares trouées, nous suivions de jour en jour l’évolution du spectacle, avec un ballet de taches noires plus ou moins visibles, grosses et brillantes sur l’hémisphère sud de Jupiter.

Même 30 ans après, les images de ce spectacle grandiose sont indélébiles.

Séquence d’images infrarouges de l’impact du fragment H de la comète Shoemaker-Levy 9 le 18 juillet 1994
Séquence d’images infrarouges de l’impact du fragment H de la comète Shoemaker-Levy 9 le 18 juillet 1994. Crédits F. Colas/J. Lecacheux/P. Laques
Film réalisé avec le télescope de 1 m du pic du Midi le 18 juillet 1994. Crédits F. Colas/OMP/IMCCE/CNRS
Film réalisé avec le télescope de 1 m du pic du Midi le 19 juillet 1994. Crédits F. Colas/OMP/IMCCE/CNRS

Le passage de la Terre à l’aphélie en juillet 2024

Évolution des passages à l’aphélie entre 2000 et 2100.
Évolution des passages à l’aphélie entre 2000 et 2100.Crédits P. Rocher

Selon les lois de Kepler, le barycentre Terre-Lune suit en première approximation une orbite elliptique autour du Soleil. On peut donc calculer les distances minimales (périhélies) et maximales (aphélies) entre le centre du Soleil et le centre de la Terre.

Ces deux positions correspondent aux extrémités du grand axe de l’ellipse (l’axe des absides). En raison de la loi des aires, la vitesse angulaire héliocentrique de la Terre est la plus lente à l’aphélie et la plus rapide au périhélie.

En réalité, le problème est plus complexe. Le barycentre Terre-Lune tourne autour du centre de gravité du Système solaire et la Terre tourne autour du centre de gravité du système Terre-Lune. On doit donc calculer la position du barycentre Terre-Lune dans un repère centré sur le Soleil, puis calculer la position de la Lune par rapport à la Terre et en déduire la position de la Terre par rapport au barycentre Terre-Lune. Cela permet d’avoir les coordonnées du centre de la Terre par rapport au centre du Soleil et la distance géométrique entre le centre du Soleil et le centre de la Terre.

De plus l’orbite du barycentre Terre-Lune n’est pas képlérienne, mais subit les perturbations des autres planètes du Système solaire. Cela se traduit par des variations des paramètres de l’ellipse osculatrice, notamment son excentricité et son demi-grand axe, et cela crée une avance de son périhélie (et de son aphélie). Le demi-grand axe tourne de 11,61″ dans le sens direct (un tour en environ 111 600 ans). La période moyenne de révolution du barycentre Terre-Lune dans un repère tournant avec le demi-grand axe porte le nom de révolution anomalistique moyenne. C’est le temps moyen que met le barycentre Terre-Lune pour revenir à une même position dans un repère tournant avec le demi-grand axe. Cette période moyenne est de 365,259 641 34 jours, soit 365 jours 6 h 13 min 53,01 s.

Comme l’excentricité et le demi-grand axe ne sont pas constants, les distances Terre-Soleil au périhélie et à l’aphélie varient au cours du temps. De même, le temps qui sépare deux passages consécutifs à l’aphélie (la révolution anomalistique vraie) n’est pas constant, mais varie autour de la période de révolution anomalistique moyenne. Enfin notre calendrier, le calendrier grégorien, est construit de manière à suivre les saisons (la révolution tropique), c’est-à-dire le mouvement rétrograde de la ligne des équinoxes. Le mouvement du demi-grand axe se faisant dans le sens direct, cela se traduit par des dates des passages à l’aphélie (et au périhélie) qui avancent dans notre calendrier au cours du temps.

Si l’on prend comme échelle de temps le Temps universel coordonné (UTC), le passage à l’aphélie de la Terre en 2024 a lieu le vendredi 5 juillet à 5 h 06 min 03 s UTC (7 h 06 min 03 s en Temps légal français) et sa distance au Soleil est de 152 099 968,251 km ; le diamètre apparent du Soleil est alors de 31,4614′.

Le tableau ci-dessous donne les dates des passages à l’aphélie pour les années 2015 à 2025, ainsi que les distances de la Terre au Soleil.

Date
(UTC)
Distance
au Soleil
Écart de distance
avec le passage
précédent
Révolution
anomalistique
vraie
06/07/2015
à 19 h 40 min 22 s
152 093 480,551 km 74 km 367,810 37 j
04/07/2016
à 16 h 24 min 12 s
152 103 775,487 km 10 295 km 363,863 77 j
03/07/2017
à 20 h 11 min 21 s
152 092 504,048 km − 11 271 km 364,157 74 j
06/07/2018
à 16 h 46 min 45 s
152 095 565,623 km 3 062 km 367,857 92 j
04/07/2019
à 22 h 10 min 47 s
152 104 285,097 km 8 719 km 363,225 02 j
04/07/2020
à 11 h 34 min 44 s
152 095 295,258 km − 8 990 km 365,558 30 j
05/07/2021
à 22 h 27 min 25 s
152 100 527,044 km 5 232 km 366,453 25 j
04/07/2022
à 07 h 10 min 44 s
152 098 455,102 km − 2 072 km 363,363 41 j
06/07/2023
à 20 h 06 min 38 s
152 093 250,543 km − 5 205 km 367,538 76 j
05/07/2024
à 05 h 05 min 58 s
152 099 968,251 km 6 718 km 364,374 59 j
03/07/2025
à 19 h 54 min 37 s
152 087 737,601 km − 12 231 km 363,617 12 j

On remarque que la date du passage à l’aphélie évolue sur cette période entre le 3 et le 6 juillet. Les différences de distances entre deux passages consécutifs s’expliquent en partie par le mouvement de la Terre autour du barycentre Terre-Lune, par la phase de la Lune et par la position de la Lune par rapport à son apogée et son périgée. Les autres écarts sont dus à la position du centre du Soleil par rapport au centre de gravité du Système solaire et aux perturbations planétaires sur l’orbite du barycentre Terre-Lune.

Les rencontres de l’été : Saturne et la Lune

Occultation de Saturne par la Lune du 22 mai 2022
Occultation de Saturne par la Lune du 22 mai 2022. CC BY 2.5 T. Bresson

Cette année, la Lune occulte la planète Saturne tous les mois à partir du mois d’avril. Toutefois, parmi ces occultations, seules deux d’entre elles seront observables depuis la France, toutes deux durant l’été olympique.

La première aura lieu le 24 juillet dans l’hémisphère sud, depuis l’île de la Réunion. La seconde se produira en France métropolitaine, le 21 août.

En raison de la grande parallaxe lunaire (angle sous lequel un rayon terrestre est vu depuis le centre de la Lune), les instants des émersions de Saturne derrière le disque lunaire (fins d’occultations) changent selon le lieu d’observation sur Terre.

Observation du phénomène

Saturne est l’une des planètes aisément visibles à l’œil nu dans un ciel noir. Toutefois, seule une aide optique (paire de jumelles, lunette, télescope) fera apparaître ses anneaux magnifiant ainsi le phénomène.

Le 24 juillet à La Réunion

Les Réunionnais seront privilégiés sur les métropolitains. Ils auront les premiers les honneurs de la rencontre entre Saturne et la Lune par une nuit très noire à un moment auquel la Lune présentera une phase marquée, facilitant l’observation de l’émersion (voir figure ci-dessous).

Diagramme de l’occultation de Saturne par la Lune du 24 juillet 2024 (UTC) depuis Saint-Denis de La Réunion
Diagramme de l’occultation de Saturne par la Lune du 24 juillet 2024 (UTC) depuis Saint-Denis de La Réunion. Les instants de début (1), de milieu (2) et de fin (3) du phénomène sont représentés. Crédits P. Descamps/IMCCE

Le tableau ci-dessous donne pour plusieurs lieux à La Réunion les instants des émersions de Saturne du côté obscur du limbe lunaire, ainsi que les paramètres liés à ces émersions. Les instants sont donnés en Temps universel coordonné, il faut donc ajouter 4 h pour avoir le Temps local à La Réunion.

Lieu Instant
UTC
Hauteur
Saturne
Azimut
Saturne
CA PA Z
Saint-Pierre 19 h 14 min 34 s 86,194° 26,926° 23,365° S 181,971° 292,595°
Les Makes 19 h 15 min 02 s 86,247° 26,980° 24,341° S 182,949° 293,419°
Saint-Paul 19 h 15 min 36 s 86,346° 26,982° 25,647° S 184,257° 294,517°
Saint-Denis 19 h 16 min 03 s 86,290° 27,287° 26,289° S 184,899° 295,033°

Les paramètres de l’occultation sont les suivants :

  • Hauteur : Hauteur du corps occulté (sans réfraction) par rapport à l’horizon.
  • Azimut : Azimut du corps occulté, compté positivement dans le sens horaire de 0° à 360° à partir du nord.
  • CA : Cusp angle – angle entre l’extrémité du terminateur la plus proche et l’endroit du limbe où aura lieu le phénomène. L’angle est négatif pour les événements se produisant sur le bord éclairé et positif dans les autres cas. La lettre N, respectivement S, indique que l’angle est compté depuis l’extrémité nord, respectivement sud.
  • PA : Angle au pôle du point de contact – angle entre la direction centre du corps occultant-pôle Nord céleste et la direction centre du corps occultant-centre du corps occulté, compté positivement vers l’est.
  • Z : Angle au zénith du point de contact – angle entre la direction du zénith passant par le centre du corps occulté et la direction centre du corps occulté-centre du corps occultant, compté positivement vers l’est.
  • L’élongation en longitude de Saturne au Soleil est de 133,46°.
  • La fraction illuminée de la Lune est de 84,5 %, sa magnitude est de − 11,53, son rayon apparent est de 0,2773°.
  • La magnitude de Saturne est de 0,79, son rayon apparent est de 0,0026°.
  • Seule l’émersion de Saturne de la partie sombre du bord lunaire est observable.
  • L’immersion n’est pas observable à l’œil nu, car la différence de magnitude entre la partie éclairée de la Lune et Saturne qui est supérieure à 12 est trop importante.
Carte de champ de l’occultation de Saturne par la Lune du 24 juillet 2024
Carte de champ de l’occultation de Saturne par la Lune du 24 juillet 2024. Crédits IMCCE
Carte de visibilité de l’occultation de Saturne par la Lune du 24 juillet 2024
Carte de visibilité de l’occultation de Saturne par la Lune du 24 juillet 2024. Lignes continues : limites d’occultation, événement se produisant la nuit ;
Lignes en pointillés courts : limites d’occultation, événement au crépuscule ;
Ligne en pointillés longs : limites d’occultation, événement se produisant le jour.
Crédits IMCCE

Le 21 août en France métropolitaine

Quant aux métropolitains, les conditions d’observation seront plus difficiles. Les premières lueurs du jour baigneront les deux objets, la Lune sera presque pleine, sous ces deux contraintes, la visibilité de Saturne et de son émersion sera réservée à ceux dotés d’une aide optique (voir figure ci-dessous).

Diagramme de l’occultation de Saturne par la Lune du 21 août 2024 (UTC) depuis Paris
Diagramme de l’occultation de Saturne par la Lune du 21 août 2024 (UTC) depuis Paris. Les instants de début (1), de milieu (2) et de fin (3) du phénomène sont représentés. Crédits P. Descamps/IMCCE

Le tableau ci-dessous donne pour plusieurs lieux en France les instants des émersions de Saturne du côté obscur du limbe lunaire, ainsi que les paramètres liés à ces émersions. Les instants sont donnés en Temps universel coordonné, il convient donc d’ajouter 2 h pour avoir le Temps légal français en France métropolitaine.

Lieu Instant
UTC
Hauteur
Saturne
Azimut
Saturne
CA PA Z
Paris 4 h 25 min 53 s 233,239° 19,397° 86,788° N 256,552° 224,299°
Bordeaux 4 h 26 min 09 s 231,977° 23,353° 84,117° S 247,331° 212,916°
Pic du Midi 4 h 27 min 23 s 233,502° 23,943° 77,415° S 240,537° 204,004°
Toulouse 4 h 28 min 15 s 234,604° 22,639° 77,860° S 240,989° 204,334°
Besançon 4 h 29 min 54 s 237,728° 17,734° 84,134° S 247,349° 211,853°
Lyon 4 h 29 min 55 s 237,168° 19,207° 80,661° S 243,829° 207,456°
Strasbourg 4 h 30 min 10 s 238,950° 15,981° 86,567° S 249,816° 214,827°
Marseille 4 h 31 min 01 s 238,611° 20,002° 72,296° S 235,351° 196,433°

Les paramètres de l’occultation sont les suivants :

  • Hauteur : Hauteur du corps occulté (sans réfraction) par rapport à l’horizon.
  • Azimut : Azimut du corps occulté, compté positivement dans le sens horaire de 0° à 360° à partir du nord.
  • CA : Cusp angle – angle entre l’extrémité du terminateur la plus proche et l’endroit du limbe où aura lieu le phénomène. L’angle est négatif pour les événements se produisant sur le bord éclairé et positif dans les autres cas. La lettre N, respectivement S, indique que l’angle est compté depuis l’extrémité nord, respectivement sud.
  • PA : Angle au pôle du point de contact – angle entre la direction centre du corps occultant-pôle Nord céleste et la direction centre du corps occultant-centre du corps occulté, compté positivement vers l’est.
  • Z : Angle au zénith du point de contact – angle entre la direction du zénith passant par le centre du corps occulté et la direction centre du corps occulté-centre du corps occultant, compté positivement vers l’est.
  • L’élongation en longitude de Saturne au Soleil est de 161,05°.
  • La fraction illuminée de la Lune est de 97 %, sa magnitude est de − 12,32, son rayon apparent est de 0,2810°.
  • La magnitude de Saturne est de 0,65, son rayon apparent est de 0,0027°.
  • Seule l’émersion de Saturne de la partie sombre du bord lunaire est observable.
  • L’immersion n’est pas observable à l’œil nu, car la différence de magnitude entre la partie éclairée de la Lune et Saturne qui est de presque 13 est trop importante.
Carte de champ de l’occultation de Saturne par la Lune du 21 août 2024
Carte de champ de l’occultation de Saturne par la Lune du 21 août 2024. Crédits IMCCE
Carte de visibilité de l’occultation de Saturne par la Lune du 21 août 2024
Carte de visibilité de l’occultation de Saturne par la Lune du 21 août 2024. Lignes continues : limites d’occultation, événement se produisant la nuit ;
Lignes en pointillés courts : limites d’occultation, événement au crépuscule ;
Ligne en pointillés longs : limites d’occultation, événement se produisant le jour.
Crédits IMCCE

La conjonction de Mars avec Jupiter du 14 août 2024

Carte de champ de la conjonction de Mars avec Jupiter du 14 août 2024
Carte de champ de la conjonction de Mars avec Jupiter du 14 août 2024. Crédits IMCCE

Lorsque la quatrième et dernière planète tellurique rencontre la première planète gazeuse – et accessoirement plus grosse planète de tout le Système solaire –, voilà le spectacle que va nous offrir la mécanique céleste au milieu du mois d’août 2024, puisque le 14 sera l’occasion d’admirer, au petit matin, un rapprochement assez prononcé entre Mars et Jupiter.

Qui verra-t-on ?

Le rapprochement est intéressant à plus d’un titre : il fait intervenir les deux acteurs que sont les deux planètes qui suivent la Terre par ordre de distance. Pour mémoire, la Terre est située en moyenne à 150 millions de kilomètres du Soleil, puis vient Mars à 228 millions de kilomètres et Jupiter à 778 millions de kilomètres, toujours en moyenne.

Mars ferme la marche des planètes telluriques, c’est-à-dire rocheuses (rappelons les trois qui la précèdent : Mercure, Vénus et la Terre). Mars est deux fois plus petite que la Terre, mais aussi dix fois moins massive. Cette faible masse est à l’origine du fait qu’elle a quasiment perdu toute son atmosphère. Cette dernière est très ténue, de l’ordre, en moyenne, de 6 mbar, soit environ 170 fois moindre que celle de la Terre. Aujourd’hui, le reliquat d’atmosphère martienne est constitué à 98 % par du dioxyde de carbone (CO2), et la température moyenne qui règne au sol est de l’ordre de − 63°C. Pourtant, Mars et la Terre devaient avoir une atmosphère assez similaire en pression et en composition au cours de leur premier milliard d’années d’existence. De ce fait, il est assez probable que Mars a dû être recouverte à cette époque par des océans, comme la Terre l’est de nos jours. La planète rouge doit son surnom à la présence d’oxyde de fer (de la rouille) dans son sol.

Au-delà de Mars, on rentre dans le domaine des planètes géantes (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune), toutes gazeuses. Jupiter sera le deuxième acteur de la conjonction de ce 14 août. Il s’agit de la plus grosse de toutes les planètes : son diamètre est onze fois plus gros que celui de la Terre. Jupiter est essentiellement constituée d’hydrogène et d’hélium. Sa composition est très proche de celle du Soleil ; de cette similitude, les astronomes ont compris que Jupiter est un embryon d’étoile qui n’a pas pu s’allumer. Si Jupiter avait été 10 fois plus massive qu’elle ne l’était lors de sa formation, elle serait devenue une étoile. Si tel avait été le cas, notre système solaire aurait eu une tout autre configuration, puisqu’il aurait eu en son centre une étoile double. Les deux astres seront à rechercher en deuxième partie de nuit. Le couple céleste se lève en effet vers 1 h 30 en Temps légal français (TLF) au-dessus de l’horizon nord-est, et sera bien visible vers 5 h 00 TLF au-dessus de l’horizon est (voir la carte de champ en entrée d’article).

Leur localisation sera aisée : vers 5 h 00 TLF, ayant atteint une trentaine de degrés au-dessus de l’horizon est, les deux planètes, situées dans la constellation du Taureau, seront positionnées à une dizaine de degrés au nord-est (à gauche ce matin-là) du bel amas ouvert des Hyades et de sa brillante étoile Aldébaran. D’autre part, il sera difficile de les ignorer, car elles seront assez brillantes : magnitude + 0,85 pour la planète rouge, − 2,16 pour la planète géante de couleur blanche. La conjonction géocentrique en longitude, instant auquel les deux corps ont la même longitude (la différence de latitude est de 18′ 23,8″), ne sera pas visible puisqu’elle aura lieu ce mercredi 14 août à 17 h 21 TLF, soit en fin d’après-midi. Il en est de même pour l’instant auquel l’élongation angulaire entre les deux corps est minimale (18′ 23,2″) : il aura lieu à 16 h 53 TLF. Pour autant, lorsque les planètes seront encore visibles au petit matin de ce 14 août, l’écart ne sera plus que de 0,4°, soit moins que le diamètre lunaire ! Et la configuration sera encore très similaire le lendemain 15 août.

Le spectacle pourra se savourer avec ou sans instrument : à l’œil nu, on notera le rapprochement peu commun des deux planètes, ainsi que leur différence de couleur. Si des jumelles n’apportent rien de plus sur l’image de Mars (diamètre de seulement 6,1″ d’arc), elles permettront de remarquer que Jupiter est un minuscule disque d’un blanc éclatant avec de petites étoiles très proches et alignées : ce sont ses 4 plus gros satellites. Une petite lunette ou un petit télescope permettant de grossir 50 à 100 fois montrera Mars sous la forme d’une minuscule tête d’épingle rougeâtre. L’image sera bien plus intéressante pour Jupiter qui dévoilera un disque blanc rayé à l’équateur de deux bandes marron clair. Quant à ses satellites, cette fois bien visibles, on en notera trois à droite (en partant de Jupiter : Io, Europe, puis Ganymède) et un à gauche (Callisto). Notons, pour terminer, le fossé qui sépare les deux objets pourtant si proches visuellement dans le ciel : alors que Mars sera à 229 millions de kilomètres de la Terre, Jupiter sera quant à elle à 804,74 millions de kilomètres en arrière-plan.

Voici les données pour cette conjonction.

14 août 2024 à 14 h 53 min 09 s UTC
Élongation minimale entre Mars et Jupiter élongation : 0° 18′ 23,2″.

14 août 2024 à 15 h 21 min 32 s UTC
Conjonction géocentrique en longitude entre Mars et Jupiter, différence de latitude : 0° 18′ 23,8″, élongation solaire de Mars : 66°O.

14 août 2024 à 16 h 50 min 06 s UTC
Conjonction géocentrique en ascension droite entre Mars et Jupiter, différence de déclinaison : 0° 18′ 32,8″, élongation solaire de Mars : 66°O.

ciel du mois

Phénomènes astronomiques en juillet

Repère géocentrique, les quadratures et les conjonctions sont en ascension droite.
Les phénomènes sont donnés en Temps légal français.

1er juillet

17 h 47 min 39 s Élongation minimale entre la Lune et Mars, élongation : 3° 49,33′, élongation de la Lune au Soleil : 54° O.

2 juillet

10 h 04 min 32 s Élongation minimale entre la Lune et Uranus, élongation : 3° 46,31′, élongation de la Lune au Soleil : 45° O.

3 juillet

0 h 55 min 45 s Neptune est stationnaire dans la constellation des Poissons.

8 h 39 min 16 s Élongation minimale entre la Lune et Jupiter, élongation : 4° 55,14′, élongation de la Lune au Soleil : 33° O.

5 juillet

2 h 02 min 20 s Déclinaison maximale de la Lune : + 28° 22′.

7 h 06 min 03 s Terre à l’aphélie, distance au Soleil : 152 099 968 km, diamètre apparent du Soleil : 31,45′.

6 juillet

0 h 57 min 25 s Nouvelle lune.

18 h 38 min 29 s Élongation minimale entre la Lune et Vénus, élongation : 3° 47,17′, élongation de la Lune au Soleil : 9° E.

7 juillet

22 h 38 min 23 s Élongation minimale entre la Lune et Mercure, élongation : 3° 04,54′, élongation de la Lune au Soleil : 23° E.

10 juillet

7 h 12 min 48 s Vénus au périhélie, distance au Soleil : 0,718 46 au.

12 juillet

10 h 10 min 58 s Lune à l’apogée, distance à la Terre : 404 362 km, diamètre apparent de la Lune : 29,54′.

14 juillet

0 h 48 min 49 s Premier quartier de lune.

15 juillet

16 h 25 min 02 s Élongation minimale entre Uranus et Mars, élongation : 0° 32,07′, élongation de Mars au Soleil : 57° O.

19 juillet

12 h 57 min 30 s Déclinaison minimale de la Lune : − 28° 25′.

21 juillet

12 h 17 min 10 s Pleine lune.

22 juillet

8 h 38 min 46 s Mercure en plus grande élongation : 26° 56′ E.

24 juillet

7 h 40 min 43 s Lune au périgée, distance à la Terre : 364 917 km, diamètre apparent de la Lune : 32,73′.

22 h 28 min 25 s Élongation minimale entre la Lune et Saturne, élongation : 0° 20,83′, élongation de la Lune au Soleil : 133° O.

25 juillet

16 h 26 min 57 s Élongation minimale entre la Lune et Neptune, élongation : 0° 29,96′, élongation de la Lune au Soleil : 123° O.

27 juillet

17 h 29 min 06 s Mercure à l’aphélie, distance au Soleil : 0,466 70 au.

28 juillet

4 h 51 min 34 s Dernier quartier de lune.

29 juillet

17 h 21 min 46 s Élongation minimale entre la Lune et Uranus, élongation : 4° 02,36′, élongation de la Lune au Soleil : 70° O.

30 juillet

10 h 34 min 01 s Élongation minimale entre la Lune et Mars, élongation : 4° 54,50′, élongation de la Lune au Soleil : 61° O.

31 juillet

0 h 23 min 00 s Élongation minimale entre la Lune et Jupiter, élongation : 5° 18,86′, élongation de la Lune au Soleil : 54° O.

Visibilité de la Lune et des planètes en juillet

Planètes visibles entre les latitudes 60° Nord et 60° Sud et les constellations voisines. L’aspect apparent des planètes est calculé pour le 16 juillet 2024 à 22 h 00 UTC.

  • La Lune

    La Lune

    La Lune tourne autour de notre planète tout en tournant autour de son axe en approximativement 28 jours : c’est pourquoi l’on ne voit toujours que la même face de la Lune. Au cours de sa rotation autour de la Terre, la Lune présente plusieurs phases en fonction de sa position par rapport au Soleil : le premier quartier, la pleine lune, le dernier quartier et la nouvelle lune. Le retour à une même phase se fait en moyenne tous les 29,53 jours : cette durée de révolution s’appelle la lunaison moyenne ou révolution synodique moyenne de la Lune. En raison des perturbations, la lunaison vraie entre deux phases identiques peut varier dans un intervalle de plus ou moins sept heures par rapport à cette valeur moyenne.

    Invisible du matin du 5 juillet
    au soir du 6 juillet

    6Nouvelle lune
    14Premier quartier
    21Pleine lune
    28Dernier quartier
  • Mercure

    Mercure le 16 juillet 2024

    Mercure

    Mercure n’est pas visible sous nos latitudes durant le mois de juillet. Elle entre dans la constellation du Cancer le 1er juillet, qu’elle quitte le 14 juillet pour entrer dans la constellation du Lion. Son mouvement est direct tout le mois.

    Diamètre apparent : 7,2″

    Magnitude :  0,21

    non visible
    à l’œil nu
    non visible
    aux jumelles
    non visible
    au télescope
  • Vénus

    Vénus le 16 juillet 2024

    Vénus

    Vénus est visible le soir au crépuscule et en première partie de nuit à partir du 15 juillet, date de sa première visibilité à Paris. Elle est dans la constellation des Gémeaux jusqu’au 10 juillet, date à laquelle elle entre dans la constellation du Cancer, qu’elle quitte le 26 juillet pour entrer dans la constellation du Lion. Tout le mois, son mouvement est direct.

    Diamètre apparent : 9,9″

    Magnitude : − 3,91

    visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Mars

    Mars le 16 juillet 2024

    Mars

    Mars est visible le matin à l’aube et en seconde partie de nuit. Durant le mois, elle se lève de plus en plus tôt et à partir du 26 juillet, elle se lève avant minuit vrai. Elle se trouve dans la constellation du Bélier jusqu’au 11 juillet, date à laquelle elle entre dans la constellation du Taureau. Tout le mois, son mouvement est direct.

    Diamètre apparent : 5,6″

    Magnitude :  0,90

    visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Jupiter

    Jupiter le 16 juillet 2024

    Jupiter

    Jupiter est visible en seconde partie de nuit et à l’aube. Au cours du mois, elle se lève de plus en plus tôt. Elle se trouve tout le mois dans la constellation du Taureau. Tout le mois, son mouvement est direct.

    Diamètre apparent : 34,5″

    Magnitude : − 2,10

    visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Saturne

    Saturne le 16 juillet 2024

    Saturne

    Saturne est visible le matin en seconde partie de nuit et à l’aube. Au cours du mois, elle se lève de plus en plus tôt et à partir du 16 juillet, elle se lève avant minuit en Temps légal français. Elle se trouve tout le mois dans la constellation du Verseau. Tout le mois, son mouvement est rétrograde.

    Diamètre apparent : 18,4″

    Magnitude : 0,94

    visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Uranus

    Uranus le 16 juillet 2024

    Uranus

    Uranus est visible en seconde partie de nuit et à l’aube. Au cours du mois, elle se lève de plus en plus tôt et à partir du 20 juillet, elle se lève avant minuit vrai. Elle est tout le mois dans la constellation du Taureau. Tout le mois, son mouvement est direct.

    Diamètre apparent : 3,5″

    Magnitude : 5,79

    non visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Neptune

    Neptune le 16 juillet 2024

    Neptune

    Neptune est visible en seconde partie de nuit et à l’aube. Au cours du mois, elle se lève de plus en plus tôt et à partir du 20 juillet, elle se lève avant minuit en Temps légal français. Elle est tout le mois dans la constellation des Poissons. Son mouvement est direct jusqu’au 2 juillet, date à laquelle il devient stationnaire, puis rétrograde.

    Diamètre apparent : 2,3″

    Magnitude : 7,86

    non visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Portail des formulaires de calcul de l’IMCCE

    icone portail ssp

    Portail des formulaires de calcul de l’IMCCE

    N’oubliez pas que vous pouvez aussi calculer les instants des levers et couchers des astres et visualiser leur aspect apparent à n’importe quelle date et depuis n’importe quel lieu sur Terre grâce à notre portail de calculs d’éphémérides : https://ssp.imcce.fr.

Cartes du ciel en juillet

Cartes du ciel des étoiles brillantes et des planètes visibles dans le ciel de l’hémisphère nord et de l’hémisphère sud, vers l’horizon nord et l’horizon sud, pour le 15 juillet 2024.

  • Hémisphère nord, en direction du nord – 23 h Temps légal français (UTC + 2 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du nord, au 15 juillet 2024
    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du nord. Crédits IMCCE
  • Hémisphère nord, en direction du sud – 23 h Temps légal français (UTC + 2 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du sud, au 15 juillet 2024
    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du sud. Crédits IMCCE
  • Hémisphère sud, en direction du nord – 23 h Temps local à La Réunion (UTC + 4 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du nord, au 15 juillet 2024
    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du nord. Crédits IMCCE
  • Hémisphère sud, en direction du sud – 23 h Temps local à La Réunion (UTC + 4 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du sud, au 15 juillet 2024
    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du sud. Crédits IMCCE
  • Vue dans le plan de l’écliptique

    Dans sa course apparente sur l’écliptique, le Soleil est accompagné de plusieurs planètes proches. Celles qui sont à l’est peuvent être observées au coucher du Soleil et en début de nuit selon leur élongation et leur magnitude, celles qui sont à l’ouest le seront en fin de nuit et au lever du Soleil sous les mêmes conditions. La figure suivante montre la configuration au 15 juillet 2024.

    Position de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique au 15 juillet 2024
    Position de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique au 15 juillet 2024. Crédits IMCCE
    Déplacement de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique au cours du mois de juillet 2024. Crédits IMCCE
  • Positions héliocentriques des planètes

    Les figures suivantes montrent la configuration dans le plan de l’écliptique au 15 juillet 2024. Sur chaque orbite des planètes intérieures, l’intersection du segment et de l’orbite marque la position de la planète au premier jour du mois, et l’extrémité de la flèche marque celle au dernier jour du mois.

    Positions héliocentriques des planètes intérieures dans le plan de l’écliptique au 15 juillet 2024
    Positions héliocentriques des planètes intérieures dans le plan de l’écliptique au 15 juillet 2024. Crédits IMCCE
    Positions héliocentriques des planètes extérieures dans le plan de l’écliptique au 15 juillet 2024
    Positions héliocentriques des planètes extérieures dans le plan de l’écliptique au 15 juillet 2024. Crédits IMCCE

Phénomènes astronomiques en août

Repère géocentrique, les quadratures et les conjonctions sont en ascension droite.
Les phénomènes sont donnés en Temps légal français.

1er août

7 h 51 min 49 s Déclinaison maximale de la Lune : + 28° 28′.

4 août

10 h 22 min 00 s Mercure est stationnaire dans la constellation du Lion.

13 h 13 min 04 s Nouvelle lune.

6 août

1 h 40 min 47 s Élongation minimale entre la Lune et Vénus, élongation : 1° 34,05′, élongation de la Lune au Soleil : 17° E.

8 h 07 min 23 s Élongation minimale entre la Lune et Mercure, élongation : 6° 48,29′, élongation de la Lune au Soleil : 20° E.

7 août

19 h 39 min 22 s Élongation minimale entre Vénus et Mercure, élongation : 5° 43,96′, élongation de Mercure au Soleil : 19° E.

9 août

3 h 31 min 30 s Lune à l’apogée, distance à la Terre : 405 297 km, diamètre apparent de la Lune : 29,47′.

12 août

17 h 18 min 48 s Premier quartier de lune.

14 août

16 h 53 min 09 s Élongation minimale entre Jupiter et Mars, élongation : 0° 18,39′, élongation de Mars au Soleil : 66° O.

15 août

22 h 05 min 31 s Déclinaison minimale de la Lune : − 28° 34′.

22 h 44 min 49 s Mercure au périgée, distance à la Terre : 0,608 31 au, diamètre apparent : 11,06″.

19 août

3 h 58 min 03 s Conjonction inférieure de Mercure, distance à la Terre : 0,616 193 744 au, diamètre apparent : 10,92″.

18 h 45 min 21 s Uranus est en quadrature avec le Soleil.

20 h 25 min 49 s Pleine lune.

21 août

4 h 41 min 38 s Élongation minimale entre la Lune et Saturne, élongation : 0° 24,41′, élongation de la Lune au Soleil : 161° O.

7 h 01 min 53 s Lune au périgée, distance à la Terre : 360 196 km, diamètre apparent de la Lune : 33,16′.

23 h 48 min 43 s Élongation minimale entre la Lune et Neptune, élongation : 0° 36,58′, élongation de la Lune au Soleil : 150° O.

25 août

23 h 49 min 20 s Élongation minimale entre la Lune et Uranus, élongation : 4° 15,66′, élongation de la Lune au Soleil : 96° O.

26 août

11 h 25 min 52 s Dernier quartier de lune.

27 août

13 h 32 min 02 s Élongation minimale entre la Lune et Jupiter, élongation : 5° 38,19′, élongation de la Lune au Soleil : 76° O.

28 août

1 h 48 min 50 s Élongation minimale entre la Lune et Mars, élongation : 5° 15,92′, élongation de la Lune au Soleil : 70° O.

4 h 41 min 07 s Mercure est stationnaire dans la constellation du Lion.

12 h 57 min 43 s Déclinaison maximale de la Lune : + 28° 37′.

Visibilité de la Lune et des planètes en août

Planètes visibles entre les latitudes 60° Nord et 60° Sud et les constellations voisines. L’aspect apparent des planètes est calculé pour le 16 août 2024 à 22 h 00 UTC.

  • La Lune

    La Lune

    La Lune tourne autour de notre planète tout en tournant autour de son axe en approximativement 28 jours : c’est pourquoi l’on ne voit toujours que la même face de la Lune. Au cours de sa rotation autour de la Terre, la Lune présente plusieurs phases en fonction de sa position par rapport au Soleil : le premier quartier, la pleine Lune, le dernier quartier et la nouvelle Lune. Le retour à une même phase se fait en moyenne tous les 29,53 jours : cette durée de révolution s’appelle la lunaison moyenne ou révolution synodique moyenne de la Lune. En raison des perturbations, la lunaison vraie entre deux phases identiques peut varier dans un intervalle de plus ou moins sept heures par rapport à cette valeur moyenne.

    Invisible du matin du 3 août
    au soir du 5 août

    4Nouvelle lune
    12Premier quartier
    19Pleine lune
    26Dernier quartier
  • Mercure

    Mercure le 16 août 2024

    Mercure

    Mercure n’est visible, sous nos latitudes, qu’à partir du 31 août le matin, date de sa première visibilité du matin à Paris. Elle est dans la constellation du Lion jusqu’au 6 août, date à laquelle elle entre dans la constellation du Sextant, qu’elle quitte le 11 août pour revenir dans la constellation du Lion. Son mouvement est direct jusqu’au 4 août, date à laquelle il devient stationnaire, puis rétrograde ; puis le 28 août, il est de nouveau stationnaire et redevient direct.

    Diamètre apparent : 11,0″

    Magnitude : Indéterminé

    non visible
    à l’œil nu
    non visible
    aux jumelles
    non visible
    au télescope
  • Vénus

    Vénus le 16 août 2024

    Vénus

    Vénus est visible le soir au crépuscule et en première partie de nuit. Elle est dans la constellation du Lion jusqu’au 24 août, date à laquelle elle entre dans la constellation de la Vierge. Tout le mois, son mouvement est direct.

    Diamètre apparent : 10,5″

    Magnitude : − 3,90

    visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Mars

    Mars le 16 août 2024

    Mars

    Mars est visible en seconde partie de nuit et à l’aube. Durant le mois, elle se lève de plus en plus tôt. Elle se trouve tout le mois dans la constellation du Taureau. Tout le mois, son mouvement est direct.

    Diamètre apparent : 6,2″

    Magnitude :  0,78

    visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Jupiter

    Jupiter le 16 août 2024

    Jupiter

    Jupiter est visible en seconde partie de nuit et à l’aube. Au cours du mois, elle se lève de plus en plus tôt et à partir du 5 août, elle se lève avant minuit vrai. Elle se trouve tout le mois dans la constellation du Taureau. Tout le mois, son mouvement est direct.

    Diamètre apparent : 36,9″

    Magnitude : − 2,24

    visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Saturne

    Saturne le 16 août 2024

    Saturne

    Saturne est visible une très grande partie de la nuit et à l’aube. Au cours du mois, elle se lève de plus en plus tôt et à partir du 16 août, date de son lever héliaque du soir à Paris, elle est visible toute la nuit. Elle se trouve tout le mois dans la constellation du Verseau. Tout le mois, son mouvement est rétrograde.

    Diamètre apparent : 19,0″

    Magnitude : 0,73

    visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Uranus

    Uranus le 16 août 2024

    Uranus

    Uranus est visible une grande partie de la nuit et à l’aube. Au cours du mois, elle se lève de plus en plus tôt et à partir du 19 août, elle se lève avant minuit en Temps légal français. Elle est tout le mois dans la constellation du Taureau. Tout le mois, son mouvement est direct.

    Diamètre apparent : 3,6″

    Magnitude : 5,73

    non visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Neptune

    Neptune le 16 août 2024

    Neptune

    Neptune est visible une grande partie de la nuit et à l’aube. Au cours du mois, elle se lève de plus en plus tôt en première partie de nuit. Elle est tout le mois dans la constellation des Poissons. Tout le mois, son mouvement est rétrograde.

    Diamètre apparent : 2,3″

    Magnitude : 7,83

    non visible
    à l’œil nu
    visible
    aux jumelles
    visible
    au télescope
  • Portail des formulaires de calcul de l’IMCCE

    icone portail ssp

    Portail des formulaires de calcul de l’IMCCE

    N’oubliez pas que vous pouvez aussi calculer les instants des levers et couchers des astres et visualiser leur aspect apparent à n’importe quelle date et depuis n’importe quel lieu sur Terre grâce à notre portail de calculs d’éphémérides : https://ssp.imcce.fr.

Cartes du ciel en août

Cartes du ciel des étoiles brillantes et des planètes visibles dans le ciel de l’hémisphère nord et de l’hémisphère sud, vers l’horizon nord et l’horizon sud, pour le 15 août 2024.

  • Hémisphère nord, en direction du nord – 23 h Temps légal français (UTC + 2 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du nord, au 15 août 2024
    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du nord. Crédits IMCCE
  • Hémisphère nord, en direction du sud – 23 h Temps légal français (UTC + 2 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du sud, au 15 août 2024
    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du sud. Crédits IMCCE
  • Hémisphère sud, en direction du nord – 23 h Temps local à La Réunion (UTC + 4 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du nord, au 15 août 2024
    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du nord. Crédits IMCCE
  • Hémisphère sud, en direction du sud – 23 h Temps local à La Réunion (UTC + 4 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du sud, au 15 août 2024
    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du sud. Crédits IMCCE
  • Vue dans le plan de l’écliptique

    Dans sa course apparente sur l’écliptique, le Soleil est accompagné de plusieurs planètes proches. Celles qui sont à l’est peuvent être observées au coucher du Soleil et en début de nuit selon leur élongation et leur magnitude, celles qui sont à l’ouest le seront en fin de nuit et au lever du Soleil sous les mêmes conditions. La figure suivante montre la configuration au 15 août 2024.

    Position de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique au 15 août 2024
    Position de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique au 15 août 2024. Crédits IMCCE
    Déplacement de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique au cours du mois d’août 2024. Crédits IMCCE
  • Positions héliocentriques des planètes

    Les figures suivantes montrent la configuration dans le plan de l’écliptique au 15 août 2024. Sur chaque orbite des planètes intérieures, l’intersection du segment et de l’orbite marque la position de la planète au premier jour du mois, et l’extrémité de la flèche marque celle au dernier jour du mois.

    Positions héliocentriques des planètes intérieures dans le plan de l’écliptique au 15 août 2024
    Positions héliocentriques des planètes intérieures dans le plan de l’écliptique au 15 août 2024. Crédits IMCCE
    Positions héliocentriques des planètes extérieures dans le plan de l’écliptique au 15 août 2024
    Positions héliocentriques des planètes extérieures dans le plan de l’écliptique au 15 août 2024. Crédits IMCCE

culture astronomique

Un cadran en cendres

Les cendres du scaphé et de sa hutte au Village gaulois de Pleumeur-Bodou
Les cendres du scaphé et de sa hutte au Village gaulois de Pleumeur-Bodou. Crédits J.-P. Cornec

Le Village gaulois, situé dans le parc du Radôme à Pleumeur-Bodou dans les Côtes-d’Armor (fig. 1), présentait jusqu’à cette année, dans une grande hutte, ce qui était sans doute le plus grand cadran solaire de France en forme de scaphé, peut-être même d’Europe.

Le cadran était également unique dans son principe, par sa précision et par la réunion d’une fonction horaire et d’une fonction géographique. Cette installation, à but ludique, mais aussi éducatif, qui s’inscrivait dans les activités de loisirs et humanitaires du Village, permettait au public de se familiariser avec les questions de temps, d’astronomie, de calendrier et de géographie.

Fig. 1 – Position du village gaulois dans les Côtes-d’Armor (48,78° N, 3,52° O)
Fig. 1 – Position du village gaulois dans les Côtes-d’Armor (48,78° N, 3,52° O). Crédits J.-P. Cornec

L’idée initiale est due à Jean-Marc Le Bail, fondateur du Village gaulois en 1986, suite à l’observation de l’éclipse totale de Soleil du 11 août 1999, dernière éclipse totale de Soleil visible en France au xxe siècle : bâtir une grande hutte conique, dans laquelle l’image du Soleil serait projetée à l’intérieur à travers un orifice percé dans la toiture, pour suivre son déplacement, autrement dit réaliser un grand cadran solaire. Ce sera la « Maison du Druide ». Le club astro du Trégor et son président, Jean-Paul Cornec, se sont ensuite chargés de la mise en œuvre et des calculs. L’architecture de cette hutte de 10 m de hauteur mérite d’être notée : la charpente a été assemblée au sol, soulevée par une grue et déposée sur le mur d’enceinte circulaire. Il n’y a pas de poteau central. Comme les autres bâtiments, elle a été couverte de chaume (fig. 2).

Fig. 2 – La hutte abritant le scaphé
Fig. 2 – La hutte abritant le scaphé. Crédits J.-P. Cornec

Un œilleton de 5 mm de diamètre était placé sur la charpente à 7 m de hauteur, presque au sommet de la hutte ; il était tenu par quatre tiges métalliques indépendantes de la charpente. Un type de cadran, connu sous le nom de scaphé d’Aristarque de Samos, s’est petit à petit imposé. Il se caractérise par une surface hémisphérique concave où l’heure est indiquée par l’ombre d’un gnomon vertical ou horizontal. La tache du Soleil projetée sur cette surface par l’œilleton était très voisine d’une image réelle du disque solaire construite par le phénomène optique de la camera obscura. La pleine lune projetait aussi une image, très faible, mais bien visible avec les mers, constatée lors de l’éclipse de septembre 2015.

Fig. 3 – Le scaphé à l’intérieur de la hutte
Fig. 3 – Le scaphé à l’intérieur de la hutte. Crédits P. Descamps/IMCCE

Au même moment, il existe un lieu à la surface de la Terre qui a le Soleil juste à son zénith (la latitude de ce lieu est donnée par la valeur de la déclinaison du Soleil à tout instant). Le Soleil ne peut passer au zénith que pour les lieux situés entre les tropiques, puisque sa déclinaison varie entre − 23,5° et + 23,5°. Durant la période de fonctionnement du scaphé – l’été, lors de l’ouverture du Village gaulois – cet endroit se situait en Afrique entre l’Équateur et le tropique du Cancer, depuis la mer Rouge jusqu’à la côte du Sénégal et les îles du cap Vert. Une grande carte de cette partie de l’Afrique était ainsi associée aux lignes horaires. Elle était peinte sur la surface en respectant les couleurs des régions, du désert du Sahara à la forêt équatoriale. Les lignes horaires jouaient le rôle de méridiens.

L’heure était lue avec un chariot mobile sur un rail en bas de la surface, associé à une échelle graduée. Une lame prolongeait ce chariot et il suffisait aux visiteurs de placer la tache du Soleil sur cette lame (graduée avec les dates des mois) et de lire en face de deux index l’heure solaire et l’heure de tous les jours. Pour celle-ci, l’index était mobile et devait être réglé tous les matins avec la valeur de l’équation du temps. À l’entrée de la hutte, un cadran d’horloge donnait l’heure du midi solaire. Ces renseignements étaient réunis sur un tableau mensuel établi à l’aide du logiciel eCdT de l’IMCCE.

L’ensemble de la hutte constituait une « chambre obscure » où l’image d’objets, paysages ou phénomènes extérieurs était inversée et retournée. La tache se déplaçait de gauche à droite, de l’ouest vers l’est, elle était en haut de l’écran à l’équinoxe et en bas au solstice. De même, la représentation peinte de l’Afrique surprenait les visiteurs : le golfe de Guinée était en haut et le Sahara en bas, la mer Rouge à gauche et Sénégal à droite (fig. 4). C’est ainsi que l’Afrique se présente à nous quand nous nous y rendons, en avion par exemple.

Fig. 4 – Position de l’image du Soleil sur la surface hémisphérique du scaphé le 21 mai 2022 à 12 h 37 min 38 s UTC
Fig. 4 – Position de l’image du Soleil sur la surface hémisphérique du scaphé le 21 mai 2022 à 12 h 37 min 38 s UTC. Le Soleil était alors au zénith d’un lieu situé en Mauritanie dont la latitude correspond à la déclinaison du Soleil pour cet instant, soit 20° 14′ 33,879″. Crédits P. Descamps/IMCCE

Plusieurs panneaux expliquaient le fonctionnement et l’usage de cet ensemble, ainsi que le principe du passage de l’heure solaire à l’heure de tous les jours. Il était complété à l’arrière par un « Couloir du Temps » qui présentait dans une succession d’alvéoles une histoire des cadrans solaires depuis le premier cadran égyptien jusqu’au cadran à style polaire, en passant par le nocturlabe. Sur le mur en face était aussi rappelée la place du temps chez les Gaulois.

L’idée d’un cadran géographique n’est pas nouvelle. En effet, au xvie siècle, le navigateur français Jacques Devaulx avait conçu pour son magnifique ouvrage Œuvres nautiques une volvelle qui indiquait sur un planisphère les lieux où le Soleil pouvait culminer à la verticale. C’est en son honneur que la hutte de notre cadran avait été appelée le « Miroir du Monde ».

Tout cet ensemble a donc été totalement détruit par un incendie criminel le 13 mai 2024, deuxième incendie d’une série de trois qui ont entièrement ravagé le Village gaulois.

Une cagnotte solidaire a été ouverte pour la reconstruction complète du Village gaulois et de son cadran hémisphérique. Vous pouvez apporter ainsi votre soutien : https://www.leetchi.com/fr/c/reconstruction-du-village-gaulois-1590037

science en direct

La météorite d’Angers

Bolide du 4 juin 2024, 23 h 58 min UTC, filmé avec la caméra FRIPON d’Angers (Maine-et-Loire)
Bolide du 4 juin 2024, 23 h 58 min UTC, filmé avec la caméra FRIPON d’Angers (Maine-et-Loire). Crédits FRIPON/Vigie-Ciel

Le 5 juin 2024 à 1 h 58 min heure locale, un météoroïde a pénétré dans l’atmosphère terrestre et a produit un bolide très lumineux dans le ciel des Pays de la Loire.

Un bolide dans le ciel angevin

Pourtant 25 fois plus brillant que la planète Vénus, ce bolide n’a été que très peu observé à l’œil. Heureusement, quatre des caméras du réseau FRIPON (fig. 1) ont capté le phénomène (image en entrée d’article).

Fig. 1 – Carte des stations vidéo FRIPON qui ont enregistré le bolide du 4 juin 2024, 23 h 58 min UTC
Fig. 1 – Carte des stations vidéo FRIPON qui ont enregistré le bolide du 4 juin 2024, 23 h 58 min UTC. La flèche orange représente la trajectoire du bolide calculée à partir de ces enregistrements. Crédits FRIPON/Vigie-Ciel/OpenStreetMap

Attention chute de météorites !

Après l’analyse des données des caméras, il s’est avéré que le météoroïde avait une vitesse d’entrée assez faible (14,5 km/s) et une inclinaison de 30° par rapport à la verticale. L’ensemble des paramètres laisse donc penser qu’il ne s’est pas sublimé totalement et qu’une masse comprise entre 500 g et 1 kg a dû toucher le sol au sud-est d’Angers.

À peine une semaine après la chute, le 12 juin 2024, une équipe (fig. 2) coordonnée par Léo Tessier (muséum des sciences naturelles d’Angers), accompagné de François Colas (IMCCE/Observatoire de Paris), de Nicolas Mangold (Nantes Université), Esteban Boureau (planétarium de Nantes) et Denis Demarque (muséum de Nantes), s’est mise à la recherche de ces précieux fragments de météorite avec l’accord des maires et des propriétaires des parcelles concernées. Malgré l’effort déployé, aucun fragment n’a été découvert à ce jour.

Fig. 2 – Recherche de météorites au sud d’Angers
Fig. 2 – Recherche de météorites au sud d’Angers. Crédits E. Boureau (planétarium de Nantes)

Cependant, il n’est pas impossible que les habitants de la zone de chute calculée (fig. 3) puissent encore découvrir ces petits morceaux de Système solaire dans leur terrain ou pourquoi pas sur une table de jardin (voir l’histoire de la météorite de Sologne dans la Lettre d’information de l’IMCCE d’octobre 2023) !

Fig. 3 – Zone de chute potentielle (ellipse rouge) des fragments de météorite
Fig. 3 – Zone de chute potentielle (ellipse rouge) des fragments de météorite. Crédits FRIPON/Vigie-Ciel

en savoir plus

Séminaires & conférences

  • Temps – Espace – Société

    Lundi 1er juillet 2024 – 11 h 00

    Spin States and Moments of Inertia of Venus, Europa, and Ganymede

    Jean-Luc Margot (University of California, Los Angeles)

    Salle Danjon, Observatoire de Paris, 77 avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris

    Dans le cadre du plan Vigipirate, merci aux extérieurs de l’Observatoire de Paris de bien vouloir s’inscrire à l’avance sur le site indico

Astro en images

Le coucher du Soleil sous l’Arc de Triomphe en août 2024

Coucher de Soleil sous l’Arc de Triomphe le 2 août 2022
Coucher de Soleil sous l’Arc de Triomphe le 2 août 2022. Crédits J. Desmars

Du 1er au 4 août, la trajectoire apparente du Soleil croisera la direction de l’Arc de Triomphe.

Les heures et les instants d’observations diffèrent en fonction des lieux. Nous reviendrons ici sur la place de la Concorde et le rond-point des Champs-Élysées.

Depuis la construction de la Grande Arche à La Défense, l’horizon n’est plus dégagé lorsque l’on regarde dans l’axe de l’Arc de Triomphe depuis les Champs-Élysées. Une barre horizontale, correspondant au sommet de la Grande Arche, est visible sous l’arche de l’Arc de Triomphe et masque une partie du Soleil couchant. Plus on s’approche de l’Arc, plus le sommet de la Grande Arche est haut sur l’horizon et plus le diamètre apparent de l’arche augmente, alors que le diamètre apparent du Soleil reste constant.

Nous sommes en août, donc du jour au lendemain, le Soleil se couche de plus en plus tôt et son azimut se déplace vers le sud-ouest. La trajectoire du centre du Soleil dans la direction du centre de l’arche évolue ainsi du haut vers le bas de l’arche et la période de visibilité en un lieu donné évolue négativement.

Depuis la place de la Concorde

Depuis la place de la Concorde, le diamètre de l’arche est vu sous un angle apparent de 23,6′ : le diamètre solaire est toujours plus important que cette valeur. Le Soleil ne sera donc jamais entier sous l’arche. Ces calculs sont des prévisions qui tiennent compte de la réfraction atmosphérique et du dénivellement entre un observateur situé place de la Concorde (au pied de l’obélisque) dans l’axe de l’Arc de Triomphe. Une variation même minime avec cet axe peut induire des différences notables dans l’azimut du Soleil (un mètre à droite ou à gauche change l’azimut d’environ 1,63′) et des différences de temps de quelques dizaines de secondes sur les prévisions. Si vous vous déplacez vers la gauche de l’axe, le décalage de temps est négatif et si vous vous déplacez vers la droite de l’axe, le décalage de temps se fait positivement.

Le tableau suivant donne les jours et les heures de visibilité du phénomène (en Temps légal français).

Jour Instant du coucher du centre du Soleil Période où le centre du Soleil passe par l’axe de l’arche Variation de la hauteur du centre du Soleil durant cette période
3 août 2024 21 h 19 min 09 s 21 h 14 min 53 s à 21 h 15 min 13 s 33′ 01″ à 30′ 23″
4 août 2024 21 h 17 min 38s 21 h 15 min 40s à 21 h 16 min 00s 15′ 01″ à 12′ 27″

Le 3 août, le centre du Soleil est un peu trop haut et le bord supérieur du Soleil est caché par le haut de l’Arc de Triomphe. Le 4 août est le meilleur jour pour ce lieu, car le Soleil se trouve entièrement sous l’arche.

Depuis le rond-point des Champs-Élysées

Depuis le rond-point des Champs-Élysées, le diamètre de l’arche est vu sous un angle apparent de 33,6′ : le diamètre solaire est quasi identique à cette valeur. C’est donc la position idéale pour photographier le Soleil sous l’arche. Ces calculs sont des prévisions qui tiennent compte de la réfraction atmosphérique et du dénivellement entre un observateur situé au rond-point des Champs-Élysées (au centre de l’avenue) dans l’axe de l’Arc de Triomphe. Une variation même minime avec cet axe peut induire des différences notables dans l’azimut du Soleil (un mètre à droite ou à gauche change l’azimut d’environ 2,32′) et des différences de temps de quelques dizaines de secondes sur les prévisions. De nouveau, si vous vous déplacez vers la gauche de l’axe, le décalage de temps est négatif et si vous vous déplacez vers la droite de l’axe, le décalage de temps se fait positivement.

Le tableau suivant donne les jours et les heures de visibilité du phénomène (en Temps légal français).

Jour Instant du coucher du centre du Soleil Période où le centre du Soleil passe par l’axe de l’arche Variation de la hauteur du centre du Soleil durant cette période
1er août 2024 21 h 20 min 10 s 21 h 13 min 20 s à 21 h 13 min 40 s 54′ 01″ à 51′ 18″
2 août 2024 21 h 18 min 42 s 21 h 14 min 07 s à 21 h 14 min 27 s 36′ 01″ à 33′ 20″
3 août 2024 21 h 17 min 12 s 21 h 14 min 55 s à 21 h 15 min 15 s 17′ 51″ à 15′ 13″

Le 1er août, le centre du Soleil sera un peu plus haut que le centre de l’arrondi de l’arche, le haut du Soleil sera peut-être caché par le sommet de l’arche. Par contre, les 2 et 3 août seront plus favorables, même si le 2 août la trajectoire du Soleil sera plus haute que le 3 août au cours duquel elle sera proche de l’horizon.

Attention ! Si le Soleil à son coucher vous éblouit, ne le regardez pas directement, c’est qu’il est encore trop haut sur l’horizon.

Dans ce cas, évitez de le photographier sans filtre, vous risquez d’endommager votre appareil photo et votre vue si vous utilisez un appareil à visée reflex.

Attention aussi aux voitures qui circulent très près des piétons, même sur l’axe où vous êtes souvent nombreux lors de ces événements !

La pluie des Perséides en 2024

Les Perséides en août 2020.
Les Perséides en août 2020.Crédits K. Baillié

Au cours de l’année, la Terre traverse divers nuages de poussières laissés par les comètes dans leur sillage. En entrant dans l’atmosphère terrestre, ces poussières se consument et créent ce que l’on nomme des « pluies d’étoiles filantes ».

Plusieurs pluies se produisent au cours de l’année. Leur appellation se rapporte à la constellation en direction de laquelle le radiant (lieu d’où elles semblent provenir) de la pluie se situe : les Quadrantides en janvier (constellation du Bouvier – anciennement Quadrant), les Lyrides en avril (constellation de la Lyre), les Êta aquarides (constellation du Verseau) en mai, les Léonides en novembre (constellation du Lion) et les Géminides en décembre (constellation des Gémeaux).

Les mois d’été étant propices à l’observation du ciel en raison des températures douces et d’une météo généralement plus favorable, une pluie appelée « les Perséides » (car elle provient de la direction de la constellation de Persée, voir figure ci-dessous) a été largement popularisée. La pluie des Perséides est active de mi-juillet à début septembre, mais le pic aura lieu dans la nuit du 11 au 12 août 2024. Au cours de ce pic, il sera alors possible d’apercevoir une cinquantaine d’étoiles filantes par heure. Alors à vos transats et appréciez le spectacle !

Trajectoire du radiant des Perséides au cours de l’été 2024.
Trajectoire du radiant des Perséides au cours de l’été 2024.Crédits IMO/J. Rendtel