Édito

Dans notre lettre d’information, comme en astronomie en général, plusieurs systèmes de temps peuvent être employés : UTC ou l’heure locale. UTC est le sigle pour le temps universel coordonné qui correspond à l’heure au méridien d’origine, historiquement le méridien de Greenwich. Ce système horaire correspond à la norme suivie dans le monde. Le temps « local » est le temps qui correspond à chaque fuseau horaire. Par exemple pour Paris c’est le Temps légal français (ou TLF dans cette lettre) qui s’applique, soit : UTC + 2 h en été et UTC + 1 h en hiver. L’heure légale française est donnée par le LTE, vous pouvez la retrouver ici !

Jusqu’en juillet, une nouvelle rubrique apparaît dans la lettre : Des éclipses en lumière. En effet, cette année et les deux suivantes nous aurons la chance d’être depuis la France métropolitaine, géographiquement proches de deux éclipses totales de Soleil et une annulaire. Cette rubrique viendra vous apporter chaque mois différentes informations pour pouvoir profiter pleinement de ces spectacles.

Ce mois-ci

Conjonction Lune – Pléiades le 19 avril 2026

Dans son perpétuel ballet autour de la Terre, notre satellite la Lune s’interpose régulièrement au-devant ou à côté d’étoiles ou de formation stellaire remarquable. Ce sera le cas ce dimanche 19 avril 2026 en soirée. La Lune va frôler le célèbre amas ouvert des Pléiades. L’évènement n’est pas extraordinaire puisqu’il se produit de temps à autre, la proximité étant plus ou moins prononcée à chaque rapprochement. En avril 2025, la Lune avait occulté l’amas pendant de longues minutes offrant un spectacle qui restera dans les mémoires. En ce 19 avril 2026, point d’occultation, mais plutôt un passage rasant au nord de l’amas puisque le disque lunaire passera moins d’un degré au-dessus des Pléiades.

L’évènement pourra être admiré lorsque les lueurs du couchant vont commencer à s’estomper. Notons que ce petit coin de ciel accueillera deux autres acteurs puisque les planètes Vénus et Uranus seront présentes quelques degrés plus au sud.

En avril 2026, la nouvelle Lune aura lieu le 17 avril à 13h51 temps légal français (TLF dans cette lettre). Autant dire que le 19 Avril en soirée, nous n’observerons qu’un très fin croissant, très esthétique certes mais noyé dans les lueurs du couchant et peu brillant. Le Soleil se couchant à 20 h 45 TLF, il faudra attendre au moins une heure avant de commencer les premiers repérages. Avec une magnitude de -3,9, il est probable que ce soit l’étoile du Berger, (le surnom de Vénus) qui apparaisse en premier. Positionnée environ 11° au-dessus de l’horizon un peu à droite du point cardinal ouest (on pourra s’aider d’une boussole), et de la zone la plus brillante du ciel avec un Soleil 10° sous l’horizon. Le phare de Vénus sera bien pratique puisqu’il permettra de localiser le très fin croissant lunaire situé verticalement 7° au-dessus. Sachant qu’une paire de jumelles 10x50 offre un champ d’environ 5°, il suffira de trouver Vénus, puis de remonter verticalement d’environ un champ et demi pour capturer la Lune.

Configuration de la conjonction Vénus – Pléiades – Lune le dimanche 19 avril 2026 vers 21h45 TLF
Configuration de la conjonction Vénus – Pléiades – Lune le dimanche 19 avril 2026 vers 21h45 TLF. Crédits Stellarium

Si l’œil humain sera l’instrument idéal pour les premiers repérages, une paire de jumelles fera gagner du temps et offrira une image plus riche et détaillée car si le très fin croissant de Lune sera facile à trouver aux jumelles, il le sera beaucoup moins à l’œil nu. Vers 22h TLF, une fois la nuit venue, les acteurs seront bien mieux mis en valeur, même si les Pléiades seront à peine 15° au-dessus de l’horizon ouest – nord-ouest. Les possesseurs de lunette ou de télescope, même modestes (80 mm à 130 mm), pourront tenter quelques observations intéressantes. L’observateur constatera que Vénus montre un disque d’une taille angulaire de 11’’ d’arc avec une surface éclairée à 90,4 % et sera donc, dans une phase gibbeuse. Le croissant lunaire sera par contre bien trop fin pour espérer voir des cratères entiers. Si un horizon ouest bien dégagé et un ciel pur le permettent, nous pourrons tenter de capturer la septième et avant dernière planète de notre Système solaire, Uranus, 4° en-dessous (au sud) des Pléiades : visible sous la forme d’un tout petit confetti de 3,5’’ d’arc, elle brille à la magnitude de 5,8.

Configuration de la conjonction Uranus – Pléiades – Lune le dimanche 19 avril 2026 vers 22h00 TLF
Configuration de la conjonction Uranus – Pléiades – Lune le dimanche 19 avril 2026 vers 22h00 TLF Crédits Stellarium

Ce magnifique spectacle sera une belle occasion de voir un alignement des trois astres sur la voûte céleste, mais quelles sont les distances réelles qui nous séparent d'eux ? La plus proche sera bien sûr la Lune, avec un clin d’œil intéressant ; en ce jour du 19 avril la Lune sera à 8h55 UTC à son périgée, c.à.d. sa distance la plus proche de la Terre, soit 361 630 km. Vient ensuite Vénus à environ 1,48 ua ou 221 millions de km (1 ua = la distance Terre-Soleil, soit environ 150 millions de km). Uranus sera quant à elle à 20,3 au. Enfin, il va falloir passer les bottes de 7 lieues pour rejoindre les Pléiades qui sont, quant à elles, situées à… 440 années-lumière, soit loin, très loin à l’arrière-plan (1 année-lumière est la distance parcourue par la lumière dans le vide pendant 1 an soit environ 9 461 milliards de kilomètres).

22 avril : Lyrides pluie de météores

Géminide observé depuis l'OHP en 2023
Géminide observé depuis l'OHP en 2023.Crédits J. Vaubaillon, LTE, 2023

La pluie de météores appelée « Lyrides » a lieu tous les ans en avril, après une période de faible activité des pluies de météore (de mi-janvier mi avril).

Le radiant (point du ciel d’où semblent provenir les météores d’une pluie) se situe dans la constellation de la Lyre. Le corps parents est la comète C/1861 G1 (Thatcher), découverte par Albert E. Thatcher, dont la période orbitale est estimée à 415 ans environ. Le lien avec les Lyrides a été établi au XIXe siècle notamment par Galle (cité par Weiss 1867).

En 2026, cette pluie aura une activité usuelle, avec 10-20 météores visibles l’oeil nu par heure à condition d’avoir des des conditions d'observation parfaites. Le maximum aura lieu le 22 avril 2026 à 19h40 UTC, mais la pluie dure plusieurs jours. Il est préférable de s'éloigner de la pollution lumineuse en général pour les observer.

science en direct

Un bolide spectaculaire traversant l’Europe : une météorite retrouvée en Allemagne

Image amateur prise à Kerkrade, Pays-Bas à 18h56.
Image amateur prise à Kerkrade, Pays-Bas à 18h56.Crédits Daniel E. / IMO/AMS/Vigie_Ciel

Le dimanche 8 mars 2026, un spectaculaire bolide a traversé le ciel de l’Europe en début de soirée. Ce phénomène lumineux, observé vers 18 h 55 heure locale française, a été visible depuis plusieurs pays comme la France, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas ou encore l’Allemagne. Pendant plusieurs secondes, un météore très brillant s’est déplacé du sud-ouest vers le nord-est, laissant derrière lui une traînée lumineuse avant de se fragmenter en plusieurs morceaux dans l’atmosphère.

Ce type d’événement, appelé un bolide, apparaît lorsqu’un météoroïde, c’est-à-dire un petit fragment rocheux venant de l’espace, entre dans l’atmosphère terrestre. En le traversant, le frottement provoque un échauffement intense qui fait briller l’objet. Suivant la taille initiale, certains morceaux peuvent survivre et atteindre le sol : on parle alors de météorites. Dans le cas du bolide du 8 mars, plusieurs fragments ont effectivement été retrouvés en Allemagne, notamment dans la région de Coblence. L’un d’entre eux a même traversé le toit d’une maison.

Aucun autre fragment n’a été retrouvé. Il faut noter que la totalité des fragments récupérés est restée dans le domaine marchand ! Cela prouve encore l’intérêt des réseaux d’observations comme FRIPON qui permettent de retrouver les météorites pour qu’ils profitent à la sciences et aux collections nationales.

L’événement a pu être enregistré par deux caméras du réseau FRIPON (Fireball Recovery and InterPlanetary Observation Network) qui est composé de centaines de caméras réparties sur une grande partie du territoire français ainsi que chez nos voisins européens afin de détecter et d’analyser les bolides. Ces observations sont très importantes, car elles permettent de retrouver les météorites rapidement et de mieux comprendre leur origine.

Il y a aussi eu environ 3200 témoignages recueillis auprès du public regroupés sur le site du programme Vigie-Ciel et de l’International Meteor Organization. Ces témoignages proviennent de nombreuses régions d’Europe, notamment de France, d’Allemagne, de Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas et ont parfois été accompagnés de photos et de vidéos. Certains témoins ont même rapporté avoir entendu un bruit semblable à une détonation, causé par l’onde de choc générée par la vitesse supersonique du bolide.

Les scientifiques utilisent ces observations pour compléter les données des caméras automatiques, comme celles du réseau FRIPON. Grâce à la comparaison entre les témoignages et les images enregistrées, ils peuvent reconstituer plus précisément la trajectoire du bolide et affiner la zone probable de chute des météorites. Ce travail collaboratif entre chercheurs et citoyens montre l’importance des sciences participatives dans l’étude des phénomènes astronomiques.

Carte des témoignages reçus sur le site de Vigie-Ciel/IMO : la flèche bleue indique la trajectoire reconstituée du bolide.
Carte des témoignages reçus sur le site de Vigie-Ciel/IMO : la flèche bleue indique la trajectoire reconstituée du bolide. .Crédits IMO/AMS/Vigie_Ciel

Les chutes de météorites observées de cette manière sont relativement rares et très précieuses pour la science. En effet, lorsqu’une météorite est récupérée rapidement après sa chute, elle est peu altérée par l’environnement terrestre. Les scientifiques peuvent alors analyser sa composition chimique et minéralogique afin d’obtenir des informations sur sa formation et donc des informations sur la naissance du Système solaire.

En effet, étudier les petits corps du Système solaire, comme les astéroïdes, les comètes ou dans ce cas précis les météorites, est d’une importance primordiale pour mieux comprendre l’origine du Système solaire. Ces objets se sont formés il y a environ 4,6 milliards d’années et ont été peu altérés depuis. Ils constituent donc des « témoins » presque intacts des premières étapes de la formation des planètes. En analysant leur composition chimique et minéralogique, les scientifiques peuvent obtenir des informations sur les matériaux présents à l’époque et sur les conditions qui régnaient autour de notre étoile. L’étude de ces petits corps permet ainsi de mieux comprendre comment la Terre et les autres planètes se sont formées et comment le Système solaire a évolué au cours du temps.

Appel à observer l'occultation d'une étoile par la lune Kallichore le 12 avril 2026

Carte de passage de l'ombre de Kallichore le 12 avril à 0h UTC
Carte de passage de l'ombre de Kallichore le 12 avril à 0h UTC.Crédits Observatoire de Paris

Nous vous présentions en décembre Kallichore, une des petites lunes éloignées de Jupiter qui fait l'objet d'une campagne d'observation en vue de son possible survol par la sonde européenne Juice (ESA), à la fin de l’année 2031. Comme nous le disions : "Pour que l’opération réussisse, il faudrait toutefois que l’éphéméride de Kallichore soit très bien connue (idéalement à une ou deux dizaines de kilomètres de précision). Son incertitude actuelle calculée par le Service Espace de l’Observatoire de Paris (SE-OP) est pourtant bien plus élevée, s’élevant à six cents kilomètres aujourd’hui, et plus de mille kilomètres au moment du survol."

Les observations d'occulation permettent d'améliorer son éphéméride ainsi que notre connaissance de ces corps si petits et lointains. En effet, suivant la façon dont ils vont cacher l'étoile devant laquelle ils passent, nous pouvons déduire de nombreuses informations sur leur vitesse, trajectoire, masse etc.

Alors toute observation est une occasion à saisir ! La prochaine aura lieu le 12 avril, à 00h07min UTC, l'étoile occultée est de magnitude 11.9, mais l’élévation ne devrait être que de 14° sur l’horizon, l'évènement durera 0,3 secondes et la vitesse de l'ombre projetée par Kallichore avancera à une vitesse de 15,9 Km/s.

Les prédictions changent rapidement, pensez à suivre les informations sur la pages indiquée ci-dessous et contactez-nous si vous souhaitez relever le défi de la prise d'image et participer au projet !

Contacts

Josselin Desmars

josselin.desmars@obspm.fr

Raphaël Lallemand

raphael.lallemand@obspm.fr

Valéry Lainey

valery.lainey@obspm.fr

Séminaires & conférences

  • Bureau des longitudes

    Mercredi 1er Avril 2026 – 14 h 30

    Aux origines du Système solaire : ce que nous apprennent les retours des astéroïdes Ryugu et Bennu

    Yves Marrocchi (Centre de recherches pétrographiques et géochimiques / CRPG-CNRS, Nancy)

    École normale supérieure, salle Dussane, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris

    Mercredi 6 Mai 2026 – 14 h 30

    Etudier la Terre en auscultant sa rotation

    Christian Bizouard (Observatoire de Paris - Laboratoire Temps Espace)

    École normale supérieure, salle Dussane, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris

    Entrée libre. Renseignements par téléphone au 06 11 27 71 83
    ou par mail à l’adresse renseignements@bureau-des-longitudes.fr

    Pour revoir les conférences

  • Histoire des sciences astronomiques

    Mardi 7 Avril 2026 – 14 h 00

    L’« Histoire céleste », un genre entre astronomie et histoire, de Flamsteed à Le Monnier

    Giorgio Matteoli (LTE-Observatoire de Paris)

    Mardi 7 Avril 2026 – 15 h 30

    The Equation of Time in Mediaeval Astronomy: A Survey of Tables and Practices

    Stefan Zieme (EIDA-LTE-Observatoire de Paris)

    Salle du Conseil, Observatoire de Paris, 77 avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris

    Dans le cadre du plan Vigipirate, merci aux extérieurs à l’Observatoire de Paris de bien vouloir s’inscrire à l’avance sur ce formulaire.

    Retrouvez ici le programme des séminaires à venir.

  • Astronomie et systèmes dynamiques (ASD)

    8, 9 et 10 Avril 2026

    Colloque en l'honneur de Sylvio Ferraz-Mello, professeur émérite à l'Université de São Paulo (Brésil)

    Salle Cassini, Observatoire de Paris, 77 avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris

    Pour en savoir plus

culture astronomique

Le LTE sera présent à la Cité des sciences et de l'industrie pour l'animation : Science Infuse du 21 au 23 avril !

Affiche de l'animation Science Infuse
Affiche de l'animation Science Infuse.Crédits Cité des sciences et de l'industrie

L'animation Science Infuse organisée par la Cité des sciences propose du 16 au 21 avril des rencontres avec de jeunes scientifiques sur des sujets comme : "Comment s'est-on retrouvé les pieds dans l'eau ?" ou encore "Le courant passe-t-il entre vos neurones ?" !

Alexandre Prieur et Ziyu Liu sont doctorants au LTE et mettront la mécanique céleste à l'honneur grâce au programme suivant :

  • Comment trouver un garage spatial pour faire de la mécanique céleste  ?
    • Glissez-vous dans la peau des pilotes de fusée et explorez le Système Solaire à la recherche d'un endroit idéal où se garer !
    • Mardi 21, jeudi 23, vendredi 24 et samedi 25 avril 
    • Alexandre Prieur
  • Mission Lagrange : qu'est-ce qui se cache de l'autre côté du Soleil  ?
    • L'ESA a détecté des signaux parasites en provenance du point de Lagrange L3. Vous êtes une équipe d'explorateurs spatiaux missionnés pour aller enquêter sur place. Qu'allez-vous y découvrir ? Survivrez vous à cette mission ?
    • Mardi 21, jeudi 23, vendredi 24 et samedi 25 avril 
    • Alexandre Prieur
  • (Don't) look up ! Le ciel va-t-il nous tomber sur la tête  ?
    • Les astéroïdes sont-ils dangereux pour la Terre ? Explorez leur histoire, suivez leur trajectoire et découvrez ceux qui s’approchent un peu trop près de nous !
    • Mercredi 22, jeudi 23, vendredi 24 et samedi 25 avril 
    • Ziyu Liu

2 et 3 mai 2026 - Formation: Eclipses - Cosmologie - sciences participatives, Anglet (64)

La société d'astronomie populare de la côte basque
La société d'astronomie populare de la côte basque.Crédits SAPCB

À destination des adhérents d'association d'astronomie et des enseignants. Formation animée par Jean-Eudes Arlot et David Valls-Gabaud, astronomes et enseignants chercheurs à l'Observatoire de Paris.

  • Jean-Eudes Arlot
    • Les phénomènes des satellites de Jupiter en 2026 et 2027
    • Les éclipses de Soleil en 2026 et 2027
    • Les mouvements de La Lune et du soleil
    • Les phénomènes astronomiques et les marées
  • David Valls-Gabaud
    • Concepts de base en cosmologie
    • La Galaxie et effets de marées
    • Astrophysique extragalactique

Des éclipses en lumière

Qu'est-ce qu'une éclipse de Soleil ?

Quand la Lune passe devant le Soleil, ce n’est pas le Soleil qui bouge : c’est notre regard qui bascule. Ces alignements parfaits, ces ombres célestes, transforment le ciel en un théâtre éphémère.

La Lune, plus proche de nous, vient poser son disque sombre sur le disque aveuglant. Alors, pendant quelques instants, la lumière se métamorphose. Et selon la distance de la Lune, la précision de l’alignement et l’endroit où l’on se tient sur Terre, le spectacle change de visage.

Les différents types d'éclipses.
Les différents types d'éclipses. Crédits LTE

Éclipse totale

Une éclipse totale de Soleil, c’est le grand effacement, un silence cosmique. Dans une bande étroite à la surface de la Terre, la Lune voile entièrement l’astre.

Cette bande dite de totalité ou de centralité est cette trajectoire étroite, large de quelques centaines de kilomètres à peine, balayée à haute vitesse par l’ombre de la Lune sur notre planète - un ruban d’obscurité qui décide qui verra le plein spectacle et qui n’en aura qu’un aperçu.

Retrouvez les cartes et vidéos de l'éclipse dans l'article du mois de mars.

Juste avant que la nuit ne tombe et que l'ombre ne gagne - et quelques instants après son départ -, un secret se glisse à nos pieds : des ombres volantes, bandes pâles et frémissantes, filent sur le sol comme de l’eau au vent - un phénomène furtif qu’on manque souvent, le regard aimanté vers le ciel - alors qu'il suffit d’étaler un drap blanc au sol ou de scruter un mur blanc et d’un instant d’attention vers le bas, pour voir la Terre frissonner sous les caprices de la turbulente atmosphère dont les mouvements dessinent ces ombres dans la dernière lumière.

Puis, au passage de l'ombre de la Lune, le jour s’éteint comme si l’on avait soufflé la chandelle du monde. Le ciel vire au crépuscule profond, l’air se rafraîchit soudain, les oiseaux se taisent, troublés et stupéfaits.

Et au cœur de l’obscurité, le Soleil dévoile son secret : sa couronne, un halo pâle et éthéré, comme une auréole fantôme autour du disque noir. La totalité est fugitive – quelques minutes - mais on jurerait que le temps lui-même retient son souffle, nous laissant muets d’admiration, tandis que Vénus ou Mercure, les discrètes compagnes du Soleil, scintillent soudain aux côtés du disque noir, pour lui tenir compagnie.

Éclipse annulaire

Une éclipse annulaire, c’est le Soleil qui se pare d’une alliance de feu. La Lune glisse devant lui, mais elle est un peu trop distante : son disque apparent est légèrement plus petit que celui du Soleil, qu'elle n'arrive pas à masquer complètement.

Aux abords de l’annularité, le Soleil se brise en perles - les perles de Baily, ces étincelles de lumière scintillantes perçant les vallées du relief lunaire, formant un collier éphémère (une poignée de secondes), tremblant, comme une couronne de joyaux fugaces. Puis, un dernier éclat jaillit, l’anneau de diamant - un flash vibrant qui annonce l’anneau comme un gong céleste.

Ce même éclat jaillit aussi, plus bref encore, au début et à la fin d'une éclipse totale, comme un ultime adieu du Soleil avant l'obscurité. Au maximum de l'éclipse, il ne reste que cet anneau d’or incandescent, fin et vibrant, comme un cercle de braise dans le ciel. La lumière devient étrange, cuivrée, presque irréelle, mais elle ne s’efface jamais complètement.

L’anneau garde assez de clarté pour que le monde reste éveillé.

Éclipse partielle

Une éclipse partielle, c’est l’avant-goût discret. On se trouve hors de la bande où l’alignement est parfait : la Lune ne mord qu’une partie du Soleil. On voit alors un croissant lumineux, parfois très fin, qui se creuse puis se referme lentement. Les ombres au sol se font plus tranchantes, la lumière prend une teinte un peu plus froide, mais le jour reste le jour.

C’est l’éclipse la plus commune, visible sans grand voyage - un rappel que le ciel nous offre ses merveilles au quotidien, pourvu qu’on protège nos yeux.

Éclipse hybride

Et puis il existe l’éclipse hybride, la plus rare et la plus changeante, celle qui hésite entre deux mondes. Sur une partie de son chemin elle est totale, effaçant tout ; sur une autre elle devient annulaire, laissant son anneau. Ce n’est pas un caprice du Soleil, mais une histoire de courbure terrestre et de distances subtiles : l’ombre de la Lune effleure notre planète… ou la caresse juste assez.

Ainsi, au cours d’un même événement, le ciel offre deux spectacles différents, comme s’il hésitait entre deux fins de conte.

Quelques rappels pour observer en toute sécurité

Quel que soit le type, une règle d’or ne change jamais : ne défiez pas le Soleil à l’œil nu. Usez de lunettes d’éclipse certifiées, de filtres solaires adaptés, ou de projections ingénieuses sur un écran vierge ou au sol, là où sous les arbres, les trous du feuillage projettent des centaines de petits Soleils en croissant sur le sol, comme une pluie de lunes.

Pendant la totalité et uniquement si l’on est certain d’être dans la bande de totalité, au cœur de l'ombre, vous pourrez suivre le spectacle à l’œil nu, sans le moindre risque. C’est le seul instant où, libérés de nos filtres, nous pouvons voir les planètes et les étoiles danser autour du disque noir, et la couronne solaire déployer ses volutes de lumière.

C’est la seule façon de danser avec le ciel sans se brûler les yeux, car ces éclipses, dans leur fugacité, nous rappellent notre place : des grains de poussière émerveillés sous un ballet cosmique infini auquel nous sommes conviés.

Module pédagogique pour mieux comprendre Occultations, éclipses, passages : quel terme pour quelle situation ?

Le club éclipse de l'Association Française d'Astronomie (AFA)

L'AFA a lancé un club éclipse grâce auquel plusieurs partenaires, dont font partie l'Observatoire de Paris et ses laboratoires, mettent leurs ressources en commun pour diffuser au mieux et le plus largement les informations relatives à l'éclipse.

ciel du mois

Phénomènes astronomiques

Repère géocentrique, les quadratures et les conjonctions sont en ascension droite.
Les phénomènes sont donnés en temps légal français.

2 avril

4 h 11 min 58 s Pleine lune.

4 avril

0 h 33 min 35 s Mercure en plus grande élongation : 27° 49′ O.

12 h 19 min 39 s Mercure à l'aphélie, distance au Soleil : 0,466 70 au.

6 avril

0 h 22 min 35 s Jupiter est en quadrature avec le Soleil.

7 avril

10 h 31 min 03 s Lune à l'apogée, distance à la Terre : 404 970 km, diamètre apparent de la Lune : 29,50′.

8 avril

6 h 49 min 37 s Déclinaison minimale de la Lune : − 28° 18′.

10 avril

6 h 51 min 39 s Dernier quartier de lune.

13 avril

7 h 25 min 50 s Élongation minimale entre Neptune et Mars, élongation : 0° 19,15′, élongation de Mars au Soleil : 21° O.

15 avril

16 h 26 min 59 s Élongation minimale entre la Lune et Mercure, élongation : 4° 33,73′, élongation de la Lune au Soleil : 25° O.

20 h 16 min 04 s Élongation minimale entre la Lune et Neptune, élongation : 3° 26,76′, élongation de la Lune au Soleil : 23° O.

23 h 38 min 46 s Élongation minimale entre la Lune et Mars, élongation : 3° 16,40′, élongation de la Lune au Soleil : 21° O.

16 avril

4 h 00 min 19 s Élongation minimale entre la Lune et Saturne, élongation : 4° 38,83′, élongation de la Lune au Soleil : 19° O.

17 avril

3 h 52 min 35 s Élongation minimale entre Neptune et Mercure, élongation : 1° 18,95′, élongation de Mercure au Soleil : 24° O.

13 h 51 min 48 s Nouvelle lune.

19 avril

8 h 34 min 25 s Élongation minimale entre la Lune et Vénus, élongation : 4° 35,31′, élongation de la Lune au Soleil : 25° E.

8 h 55 min 33 s Lune au périgée, distance à la Terre : 361 630 km, diamètre apparent de la Lune : 33,03′.

17 h 38 min 29 s Élongation minimale entre la Lune et Uranus, élongation : 5° 13,00′, élongation de la Lune au Soleil : 30° E.

20 avril

0 h 14 min 27 s Élongation minimale entre Saturne et Mars, élongation : 1° 11,66′, élongation de Mars au Soleil : 22° O.

13 h 29 min 02 s Élongation minimale entre Saturne et Mercure, élongation : 0° 27,61′, élongation de Mercure au Soleil : 23° O.

21 avril

0 h 52 min 03 s Élongation minimale entre Mars et Mercure, élongation : 1° 39,07′, élongation de Mercure au Soleil : 22° O.

12 h 59 min 10 s Déclinaison maximale de la Lune : + 28° 13′.

23 avril

1 h 13 min 02 s Élongation minimale entre la Lune et Jupiter, élongation : 3° 29,71′, élongation de la Lune au Soleil : 75° E.

24 avril

3 h 21 min 46 s Élongation minimale entre Uranus et Vénus, élongation : 0° 45,19′, élongation de Vénus au Soleil : 26° E.

4 h 31 min 45 s Premier quartier de lune.

Visibilité de la Lune et des planètes

Planètes visibles entre les latitudes 60° Nord et 60° Sud et les constellations voisines. L’aspect apparent des planètes est calculé pour le 16 Avril 2026 à 22 h 00 UTC.

  • La Lune

    PL 2.04
    DQ 10.04
    NL 17.04
    PQ 24.04
    non-visibilité 16/04 > 18/04
    Calculer les phases de la Lune
    Trajectoire de la Lune en avril 2026
    Trajectoire de la Lune au cours du mois d'avril 2026. Crédits LTE
  • Mercure

    œil non visible
    jumelles non visible
    télescope non visible

    Diamètre apparent 6.4″

    Magnitude − 0.1

    Calculer les phases de Mercure
    Mercure le 16 avril 2026
    Mercure le 16 avril 2026. Crédits LTE
    Trajectoire de Mercure au cours du mois d'avril 2026
    Trajectoire de Mercure au cours du mois d'avril 2026. Crédits LTE
  • Vénus

    œil visible
    jumelles visible
    télescope visible

    Diamètre apparent 11.1″

    Magnitude − 3.9

    Calculer les phases de Vénus
    Vénus le 16 avril 2026
    Vénus le 16 avril 2026. Crédits LTE
    Trajectoire de Vénus au cours du mois d'avril 2026
    Trajectoire de Vénus au cours du mois d'avril 2026. Crédits LTE
  • Mars

    œil non visible
    jumelles non visible
    télescope non visible

    Diamètre apparent 4.1″

    Magnitude 1.2

    Calculer les éphémérides de Mars
    Mars le 16 avril 2026
    Mars le 16 avril 2026. Crédits LTE
    Trajectoire de Mars au cours du mois d'avril 2026
    Trajectoire de Mars au cours du mois d'avril 2026. Crédits LTE
  • Jupiter

    œil visible
    jumelles visible
    télescope visible

    Diamètre apparent 37.1″

    Magnitude − 2.1

    Calculer les éphémérides de Jupiter
    Jupiter le 16 avril 2026
    Jupiter le 16 avril 2026. Crédits LTE
    Trajectoire de Jupiter au cours du mois d'avril 2026
    Trajectoire de Jupiter au cours du mois d'avril 2026. Crédits LTE
  • Saturne

    œil non visible
    jumelles non visible
    télescope non visible

    Diamètre apparent 15.9″

    Magnitude 0.9

    Calculer les éphémérides de Saturne
    Saturne le 16 avril 2026
    Saturne le 16 avril 2026. Crédits LTE
    Trajectoire de Saturne au cours du mois d'avril 2026
    Trajectoire de Saturne au cours du mois d'avril 2026. Crédits LTE
  • Uranus

    œil non visible
    jumelles visible
    télescope visible

    Diamètre apparent 3.5″

    Magnitude 5.8

    Calculer les éphémérides d'Uranus
    Uranus le 16 avril 2026
    Uranus le 16 avril 2026. Crédits LTE
    Trajectoire de Uranus au cours du mois d'avril 2026
    Trajectoire de Uranus au cours du mois d'avril 2026. Crédits LTE
  • Neptune

    œil non visible
    jumelles non visible
    télescope non visible

    Diamètre apparent 2.2″

    Magnitude 8.0

    Calculer les éphémérides de Neptune
    Neptune le 16 avril 2026
    Neptune le 16 avril 2026. Crédits LTE
    Trajectoire de Neptune au cours du mois d'avril 2026
    Trajectoire de Neptune au cours du mois d'avril 2026. Crédits LTE

Cartes du ciel

Cartes du ciel des étoiles brillantes et des planètes visibles dans le ciel de l’hémisphère nord et de l’hémisphère sud, vers l’horizon nord et l’horizon sud, pour le 15 Avril 2026.

  • Hémisphère nord, en direction du nord – 23 h temps légal français (UTC + 2 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du nord, au 15 Avril 2026
    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du nord. Crédits LTE
  • Hémisphère nord, en direction du sud – 23 h temps légal français (UTC + 2 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du sud, au 15 Avril 2026
    Carte du ciel de l’hémisphère nord, en direction du sud. Crédits LTE
  • Hémisphère sud, en direction du nord – 23 h temps local à La Réunion (UTC + 4 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du nord, au 15 Avril 2026
    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du nord. Crédits LTE
  • Hémisphère sud, en direction du sud – 23 h temps local à La Réunion (UTC + 4 h)

    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du sud, au 15 Avril 2026
    Carte du ciel de l’hémisphère sud, en direction du sud. Crédits LTE
  • Vue dans le plan de l’écliptique

    Dans sa course apparente sur l’écliptique, le Soleil est accompagné de plusieurs planètes proches. Celles qui sont à l’est peuvent être observées au coucher du Soleil et en début de nuit selon leur élongation et leur magnitude, celles qui sont à l’ouest le seront en fin de nuit et au lever du Soleil sous les mêmes conditions. La figure suivante montre la configuration au 15 Avril 2026.

    Position de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique au 15 Avril 2026
    Position de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique au 15 Avril 2026. Crédits LTE
    Déplacement de la Lune et des planètes dans le plan de l’écliptique en Avril 2026. Crédits LTE
  • Positions héliocentriques des planètes

    Les figures suivantes montrent la configuration dans le plan de l’écliptique au 15 Avril 2026. Sur chaque orbite des planètes intérieures, l’intersection du segment et de l’orbite marque la position de la planète au premier jour du mois, et l’extrémité de la flèche marque celle au dernier jour du mois.

    Positions héliocentriques des planètes intérieures dans le plan de l’écliptique au 15 Avril 2026
    Positions héliocentriques des planètes intérieures dans le plan de l’écliptique au 15 Avril 2026. Crédits LTE
    Positions héliocentriques des planètes extérieures dans le plan de l’écliptique au 15 Avril 2026
    Positions héliocentriques des planètes extérieures dans le plan de l’écliptique au 15 Avril 2026. Crédits LTE